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Comment ecrire



Existe-t-il une âme?

Je suppose que la question est : les humains possèdent-ils une âme, c'est-à-dire une réalité de nature non matérielle, indépendante du corps, et dont l'idée se retrouve dans toutes les religions. La meilleure réponse est "je ne sais pas", parce que la seule manifestation probante se passe lors de la mort, les religions étant unanimes à décrire l'âme comme survivant au décès. Et comment savoir ce qui se passe après la mort ?
Mais à cette réponse "absolue" (scepticisme) j'ajoute une réponse "provisoire", qui résulte de mon travail philosophique. Je suis arrivé - c'est un peu long à décrire - à une position matérialiste, qui pense que le Réel se résume aux faits corporels, c'est-à-dire que je refuse (en adoptant le vocabulaire kantien) le nouménal derrière le phénoménal. Le matérialisme nie donc les dieux, les esprits et les âmes, et je suis donc athée, en attendant d'être mieux informé.




Vous sentez-vous très rigoureuse dans votre organisation du code que vous écrivez et lorsque vous le commentez?

SUPER IMPORTANT !

Je n'hésite pas à réécrire mon code si j'estime que j'aurai pu mieux faire... même s'il répond au besoin actuel!

Je me dis (et le temps me le prouve) que c'est un gain de temps global que d'avoir un code très bien écrit. On gagne du temps en débogage et surtout en maintenance: c'est plus limpide.

Au niveau commentaire, j'en mets moins qu'avant. Pour moi, la première forme de commentaire est des identificateurs très clairs quand à leur objectif.




Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui veut commencer un blog?

Le premier conseil est d'être honnête envers soi-même, c'est à dire être conscient qu'un blog cela prend du temps. Si l'on veut bien écrire, faire une mise en page, trouver les bonnes illustrations, répondre aux commentaires...il faut pouvoir libérer du temps.
Il faut aussi être passionné par son sujet, car la passion est le vrai moteur d'un blog, c'est selon moi ce qui lui donne son âme, sa touche personnelle.
il faut aussi aimer les gens, aimer créer des liens, et être curieux. Si on n'écrit que pour soit, autant prendre un bon vieux cahier! Un blog est fait pour être lu!
Il faut aussi ne pas hésiter à se remettre en question, être ouvert à la critique, ne pas se prendre trop au sérieux, et savoir s'adapter.
Bref, contrairement aux apparences, tenir un blog avec sérieux, ça ne s'improvise pas. Mais au fil du temps l'expérience vient et on sait s'organiser pour que cela reste un pur moment de bonheur.




Pensez-vous avoir déjà trouvé « votre voix » ou en est-on toujours à la recherche?

Je ne cherche pas ma voix ou voie, je cherche comment il faut écrire telle ou telle situation.



Quel est votre processus créatif? Qu'arrive-t-il avant que vous ne vous asseyiez à écrire?

L'embryon de l'idée me vient par accident. Par quelqu'un, par un film, un livre, un événement dans la rue. Je prends l'élément extérieur qui me vient, et je cherche comment l'exploiter. Quand j'ai trouvé, je me met à l'écrire. A ce moment là, l'idée se nourrit de ce que j'ai commencé à écrire, et évolue. J'adapte et je peaufine, jusqu'à ce que je sente que j'arrive au stade où elle ne m'appartient plus et où c'est au lecteur de continuer le travail d'interprétation.



Qu'est-ce qui vous a poussé à créer votre blog? À quelle date l´avez-vous commencé?

J'ai créé mon blog en juin 2010. J'étais dans une période où j'avais des tas d'envies, que je ne savais comment les exploiter. Envie d'écrire, de partager, de me faire connaître, d'être en relation avec des personnes qui partageraient mes coups de cœur et adhèreraient à mon univers.



Comment avez-vous commencez à écrire? Qui vous lisait au début?

J'ai commencé à écrire il y a un an, au début de l'année 2010. J'ai publié mes écrits sur un blog et de nombreux lecteurs venaient me lire et commentaient ce que j'écrivais. Cela m'encourageait à écrire d'avantage et aujourd'hui encore j'écris.



Qu'est-ce qui vous a poussé à créer votre blog? À quelle date l´avez-vous commencé?

A force de laisser des commentaires racontant mes anecdotes sur d'autres blogs, j'ai décidé de les écrire en version plus détaillées dans un blog.

Je l'ai commencé en septembre/octobre, suite a la naissance de mon second fils, pendant ma période de congé maternité.




Comment avez-vous commencez à écrire? Qui vous lisait au début?

J'ai commencé à écrire à l'école secondaire. Mes professeurs m'encourageaient en me disant que mon écriture coulait de source. Plus tard, au cégep (collège), j'ai suivi un cours de création littéraire où ma professeur m'a écrit que j'avais le talent pour devenir écrivain. Plus tard, je me suis inscrite à l'École de rédaction d'Ottawa qui offre un cours de rédaction à distance. Ma tutrice m'a fait plusieurs commentaires élogieux concernant mon écriture. Depuis, je tiens à jour un blogue où je parle de ce qui me préoccupe. Sur mon compte twitter, j'essaie également de jouer à la journaliste. Je m'amuse beaucoup grâce aux médias sociaux.



Comment êtes-vous entré dans le monde du cinéma, qui vous y a introduit?

La littérature. J'ai toujours voulu être écrivain. On m'a dit un jour que c'était une situation un peu bancale. Je me suis demandé ce qui me permettrait d'écrire autrement. Voilà comment je me suis intéressée au scénario. La réalisation est venue ensuite, parce que je tenais à ce que ces histoires restent les miennes jusqu'au bout.
Je n'ai pas d'anecdotes de cinéphile-né, pas de séquence émotion durant laquelle je déclare à cinq ans et demi, en regardant un Orson Welles dans une petite salle décrépie d'un cinéma de quartier que ma vie, ce sera le cinéma. Rien du tout. Je m'y suis mise très tard, j'ai eu des milliers de références à rattraper, et il m'en reste toujours autant. Mes histoires étaient basées sur la littérature, les jeux vidéo aussi, mais pas spécialement sur le cinéma. Et toujours maintenant, l'écriture reste au-dessus de tout.




Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui veut commencer un blog?

Il faut avoir beaucoup de patience et tu dois être déterminé si tu veut que ça fonctionne. Un blogue peut suffir a quelqu'un avec un petit suivi ou un grand. Ça dépend de ton but en créent le blogue. Si c'est pour toi et tu es content d'écrire une fois par mois, fais le. Si tu veut que ton site devient quelque chose de monéable, il faut travailler pour. À chaque suivi et à chaque commentaire, c'est un petit but dans le grand décor. C'est ça que j'aime et c'est cela qui m'ammène a mon ordi à tout les jours. Il faut que tu fasse qu'est ce que t'aimes.



Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui veut commencer un blog?

Ouvrez vous un compte, écrivez et amusez vous. Il faut le faire par plaisir et non à la recherche d'une gloire quelconque. Lorsqu'on écrit un article, on aime aussi avoir des commentaires, c'est pourquoi à son tour il faut lire d'autres blogues et écrire des commentaires, c'est en quelque sorte un retour de bons procédés. De plus, cela va vous aider à promouvoir ce que vous voulez dire.



Est-ce que le journalisme blog révolutionne la profession?

Ouais, vachement, c'est trop de la balle 2.0 ça déchire sa mother 3.0 c'est hyper disruptif, Yo man.
ET puis les blogs ne passent surtout pas leur temps à commenter / reprendre / Réécrire ce que les "vieux médias "ont déjà repompé ailleurs.




Combien de visites recevez-vous par jour? Quel genre de réactions recevez-vous des visiteurs

Une étude réalisée par une grande société d'audit a déterminé qu'Un Monde Ailleurs est le premier blog voyages en terme de richesse et qualité de contenu mais aussi en terme d'ancienneté et de régularité de publications. Par rapport au travail intensif que j'effectue pour ce blog, ce résultat suffit à mon bonheur d'auteur ! :-)

Curieusement j'ai moins de réactions (commentaires) sur Un Monde Ailleurs que vous en trouverez peut-être sur d'autres blogs. La raison ? D'abord mon écriture qui est davantage "journalistique" que "blog". Je n'écris pas court comme le voudrait un blog, mais long !... D'ailleurs je parle d'article, pas de "post". Mes lecteurs préfèrent m'écrire de façon plus personnelle, par e-mail séparé.

Ensuite je raconte pour emmener le lecteur à ma suite, je suis plus dans l'écriture témoignage et poétique que dans le factuel pur, ce qui m'intéresse moins. Vous pouvez lire des descriptifs genre infos pratiques dans le Routard.com ou le Lonelyplanet.com qui sont parfaits pour cela, je ne vois aucun intérêt à rappeler comment vous pouvez accéder à telle plage ou tel village. Par contre raconter mes émotions, mes rencontres,mes expériences, mes découvertes, me motive davantage.

Ca fonctionne plutôt bien puisque les commentaires que je reçois sont très souvent d'une qualité supérieure : des informations supplémentaires, des débats, des réactions,...

Et puis avec un taux de visites de plusieurs milliers par jour, imaginez surtout le nombre d'e-mails que je reçois chaque semaine pour me demander des conseils personnalisés...




Comment avez-vous commencez à écrire? Qui vous lisait au début?

J'ai commencé à écrire en CE1, donc j'avais 8 ans je crois... Je ne lisais même pas encore à l'époque, j'apprenais seulement à lire. Je ne saurais pas vraiment dire comment je me suis mise à écrire un jour. Etant fille unique, j'inventais toute sorte d'histoire et de mise en scène avec mes poupées, avec les Barbies aussi et je suppose qu'un jour j'ai eu envie d'écrire une de ces histoire sur papier. ^^

Sinon mes premiers livres, c'était la collection des Martine. J'adorais "Martine Petit Rat de l'Opéra". je voulais faire de la danse classique et je n'avais pas les moyens. J'ai donc vécu cette passion par les livres. Je lisais aussi la Contesse de Ségur : Les Petites Filles Modèles, Les Malheurs de Sophie... Et assez vite au collège j'ai lu des livres assez "dur" comme Le Viol Du Silence, L'Enfant Dans Le Placard, Mon Rayon de Soleil, J'Avais 12 ans, Christiane F, 13 ans, Droguée et Prostituée, L'Herbe Bleue... Et en paralèlle les romans de Danielle Steel qui me faisaient découvrir les Etats Unis, la période hippy ou la guerre du Vietnam.

Au collège, j'écrivais donc une grand saga familiale, un genre de remake avec plusieurs héros de séries télés mélangés à qui je faisais vivre des drames et des aventures digne des Feux de l'Amour ^^




Quel est votre processus créatif? Qu'arrive-t-il avant que vous ne vous asseyiez à écrire?

J'écris pour donner mes opinions, mes réflexions et mes commentaires. Je détermine des sujets importants dont je veux absolument parler dans mon livre. D'habitude, je sens instinctivement le genre de livre que je vais écrire. Au fur et à mesure, je détermine des personnages clés. Il m'arrive de savoir l'histoire que je vais écrire après avoir croisé un inconnu dans la rue.

Je commence par écouter, observer. Puis, j'accumule des tonnes et des tonnes de liens hypertextes, de phrases, de vidéos et d'images qui m'inspirent dans un dossier sur mon ordinateur. Je note mes observations parfois dans un bloc-notes. Je suis assez méthodique une fois que j'ai une idée en tête. J'ai aussi es cahiers dans lesquels je range des articles de journaux par exemple.

Je commence par comprendre mes personnages principaux et me donner un ton à suivre. Puis, je crée des liens entre les personnages et j'imagine leur histoire.

Je monte ainsi ce que j'appelle ma banque d'idées. Quand j'écris, je classe ainsi les idées une à la suite de l'autre. Enfin, j'utilise un logiciel nommé Text-to-Speach qui accélère ma relecture.




Comment avez-vous commencez à écrire? Qui vous lisait au début?

C'est à l'école maternelle que j'ai commencé à écrire, cette activité consistait à recopier des phrases en dessinant de belles lettres manuscrites.

Eh bien c'était par "l'expression écrite", activité de l'école primaire, non seulement mes écrits étaient lu par l'institutrice, mais ils étaient commentés à l'encre rouge. Le contenu de ces écrits barssaient la culture internationale ( américaine ) véhiculé par la télévision, les acquis scolaires, la morale chrétienne rurale.

La vraie question : quand avez vous commencer à formuler votre imagination et votre pensée sur le papier ?




Qu'est-ce qui rend crédible un personnage? Comment créez-vous les vôtres?

Le fait de le rendre humain. C'est-à-dire de lui donner des tics, de décrire ses petits (et un peu plus gros) défauts. Ne pas en faire une "chose infaillible". Et surtout, ne pas le jeter dans l'histoire comme si de rien n'était. Il faut l'avoir pensé. Lui donner une naissance, une croissance, des études, un passif. Qu'il ait un vécu et pas qu'il soit trop fictif. Bien sur qu'il l'est, il sort de l'imaginaire d'un auteur. Il est peut-être même un fantasme, une projection de ce que l'auteur peut désirer devenir.
Personnellement, je crée toujours des chronologies. Je veux savoir d'où ils viennent. Quand, comment, dans quel type de famille et avec qui ils ont grandi. Ce qui les a forgé en fait, tout simplement. Et c'est malheureusement ce qui manque de plus en plus dans la littérature d'aujourd'hui. Quand je lis Musso, Levy ou Werber, qui sont des Best-Sellers j'ai l'impression que le lectorat devient de moins en moins exigeant et qu'il se contente de stéréotypes ridicules vus 1000 fois (par définition). Et j'ai vraiment beaucoup de mal avec ce fait. Exiger de la qualité, ça devrait être un automatisme.




Comment avez-vous commencez à écrire? Qui vous lisait au début?

J'ai toujours voulu être écrivain, créer des personnages, inventer des histoires qui se retrouveraient dans la bibliothèque de parfaits inconnus. Adolescente, j'ai commencé des dizaines d'histoires sans en terminer aucune. Je n'étais pas prête. Puis, j'ai fait une pause durant quelques années. Pour combler ce besoin, je me suis mise à composer des historiettes pour accompagner les dessins de ma fille et à compiler les récits de mes voyages dans de jolis cahiers. Puis, un jour, alors que je confiais ce rêve d'adolescente à ma fille devenue elle-même adolescente, elle m'a mise au défi de lui écrire une histoire. Voilà comment est né mon premier roman "Coeurs migrateurs", un roman jeunesse qui, au départ, n'était destiné qu'à ma fille dont j'avais fait le personnage principal de l'histoire. Ce n'est que dix ans plus tard que je me suis mise plus sérieusement à l'écriture avec un roman pour adulte cette fois-ci "A l'ombre du volcan". Ce n'est qu'après la publication de ce deuxième roman que j'ai fait publier le premier. Dans les deux cas, ma fille a été ma première lectrice.



Quelles études avez-vous choisies et pourquoi?

Puisque je ne commence à "apparaitre" à l'oeil médiatique que maintenant, je rencontre deux types de réactions : ceux qui ont entendu parler de moi dans "certains milieux" se demandent pourquoi je romps tout d'un coup le silence, alors que ceux qui me découvrent juste aujourd'hui se demandent d'où je peux bien sortir.

J'ai toujours maintenu un silence médiatique total sur mon parcours ces dernières années. Pas du tout par goût du secret ; juste que j'attendais de finir ma période "initiatique" pour apparaître avec la maturité nécessaire.
J'attendais que la phase "laboratoire" soit achevée pour présenter une réflexion aboutie et un programme d'action cohérent. Lorsque vous êtes apprenti, il est logique de s'instruire, d'écouter et de garder le silence. Ensuite, lorsque vient votre tour de partager l'expérience initiatique, il est logique de passer à un mode d'expression par lequel le "partage" pourra infuser...

Devenir un personnage "connu" n'a jamais été un objectif pour moi ; au contraire, il est plus dans la pudeur de mon caractère de préférer la discrétion à l'éclat factice des paillettes.
Maintenant, un cycle de 21 ans "d'études métaphysiques" s'achève par cette rétrospective en septembre 2010, un autre de 5 ans d'"application" s'ouvre ; c'est un moment charnière qui offre l'occasion de remonter le fil du temps, tout simplement...

Je considère ma période 1989/2010 comme un atelier métahysique de 21 ans d'études de la Vie, 21 ans de voyages dans les Arcanes mystérieuses de l'existence... 1989, quand j'ai tout quitté pour partir à seize ans "on the road", jusqu'à l'été 2009, où, après avoir tant voyagé - au delà même de mes espérances de gamin - je suis revenu là où je suis né, à Paris Quatorzième, pour installer mon Atelier de création Alchimique.
Le quatorzième de Paname, cela reste la première pièce affective de mon puzzle, là où tout a commencé et là où je reviens toujours.

Avant de répondre à la question, je précise juste que je me refuse généralement à parler du passé, à regarder vers l'arrière, à me laisser aller à la nostalgie...
Alors profitons de cette web-interview pour scanner ces anéess de baroudage, cela sera fait une fois pour toutes et je n'y reviendrai plus.

A l'été 1989, j'avais quinze ans-et-demi et bientôt seize ans... et donc l'âge légal pour le faire... pour Partir...
Depuis la mort de mon Père, avant que je n'ai 10 ans, j'étais devenu un mome écorché vif, extrême et imprévisible dans mes réactions, incontrôlable, à vif.
Je ne pouvais tenir en place, ni à l'école ni nulle part. J'avais besoin d'un mouvement perpétuel pour faire taire cette fureur de vivre qui me déchirait.
A l'école je n'étais ni un bon ni un mauvais élève, j'étais juste un élève absent. Les professeurs comprenaient vite qu'il était impossible et inutile d'essayer de me retenir, donc tout le monde acceptait mes "absences" et j'étais traité comme une sorte de "cas social". Je n'étais pas du tout contre le concept d'école, je voulais juste le faire à mon rythme et à mes curiosités, pas de manière forcée, enfermé dans une classe à horaires fixes.
Je m'éduquais ainsi par moi-même, dans mon coin. Je me cultivais en me documentant sur l'histoire, la philosophie, les langues étrangères. Mais pour dire la vérité, ma seule école d'adolescence, ce n'était pas l'éducation-nationale, c'était mes copines ; ce sont elles qui m'ont appris la sensibilité et le sens de la vie. Je leur dois d'avoir pu survivre à la douleur de mon enfance et d'avoir pu devenir quelqu'un d'ouvert à l'existence ; je leur rends hommage par ces mots, elles m'ont tout simplement sauvé la vie en me réconciliant avec elle par les sens, l'Amour et l'affection.

A la fin de la troisième, en bout de chemin du collège, au dernier conseil de classe, on m'a fait comprendre qu'on ne pouvait m'orienter nulle part à la vue de mes notes ; que je ne pouvais pas rentrer au lycée avec un niveau cinquième en math, que je ne pourrais même pas aller jusqu'au bac ni ensuite à l'université, que sans diplôme la vie allait être impossible professionnellement. J'ai juste répondu que je m'en foutais royalement, que, ce qui m'intéressait, c'était voyager et devenir un aventurier, et que les diplômes n'avaient aucune valeur à mes yeux.

J'ai donc envoyé un "ciao tutti" au circuit scolaire, dit "au revoir" aux salles de classes où la Jeunesse s'ennuie, et "adieu" à "l'éducation formatée"... La seule chose qui a guidé ma Décision de gamin, c'était : rejoindre l'air du grand large.

Je voulais voyager et me confronter directement au monde, le monde inconnu dans toute sa diversité ; apprendre, non pas en théorie mais... dans la chair du réel, le plus directement possible, le plus frontalement possible.

A l'origine de ce long parcours, je n'étais qu'un petit gamin orphelin seul face à toute l'ampleur du mystère du monde... Je fonctionnais sur la vibration du moment, à fleur de peau, impulsif, "écorché vif", feu follet... Il n'y a eu aucun calcul, juste l'appel de l'aventure, de l'inconnu.

La première chose, c'est que je voulais voir d'autres modes de vie, d'autres Cultures, entendre et parler d'autres langues. Je ne pouvais retourner en Italie d'où venait mon Père car cela m'aurait replongé dans son souvenir ; je connaissais déjà bien Londres et New York où vit une branche de la famille de ma Mère et le monde anglophone m'était ainsi si familier que ce n'était plus vraiment de "l'ailleurs" ; je voulais aller encore plus loin, sur d'autres continents.

Il faut remettre les choses dans leur contexte : le monde de 1989 n'était pas du tout celui (hyperParano et Sécuritaire) d'aujourd'hui. On pouvait encore voyager avec malice et sans pression. C'était une époque où un certain romantisme avait encore sa place.
Il y avait un vent d'espoir et de Liberté, le mur de Berlin venait de tomber, on pouvait passer d'un pays à l'autre sans explication ni justification à fournir, les gens étaient guidés par l'instinct de Liberté... A l'inverse de la paranoia mondialisée et informatisée d'aujourd'hui où l'on ne cesse d'être questionné sur tout, suspecté de n'importe quoi, tant c'est maintenant le réflexe de peur qui prédomine... Aujourd'hui, tout est conditionné par la "peur" ; le monde s'est dérégulé et c'est "l'instinct de peur" (savamment entretenu) qui pilote en infra les psychés de nos sociétés...

Pour en revenir à 1989, c'était la dernière décennie du vingtième siècle qui arrivait, et dix ans plus loin, l'An 2000 qui fascinait par toutes les questions qu'il posait. Mon chemin commence donc à la fin du vingtième siècle et au début du vingt-et-unième.

Mon choix fut donc l'autodidactisme, l'ECOLE du TERRAIN. Je n'avais rien pour ou contre l'école, je pensais juste pragmatiquement qu'on ne pouvait pas à la fois passer sa période 16-25 ans enfermé dans une classe, et en même temps apprendre concrètement du monde dans différents pays en explorant différentes matières. Mon raisonnement de gamin, c'était juste qu'on ne pouvait être partout à la fois...

L'éveil et l'Initiation Profane à l'autre bout du monde, ça se fait dans la fraîcheur d'Esprit de la jeunesse du début de la vingtaine... ou ça ne se fait pas. Il y a un temps pour tout. Ce n'est pas rétrospectivement, par cristallisation Proustienne du temps perdu, que l'on peut vivre l'émotion impulsive de la Jeunesse, c'est au moment où notre Ame traverse ce momento...

Chaque être fait son choix de Vie, et chaque choix est respectable. Chaque étape de la Vie possède ses portes mystérieuses : soit on accepte de les passer et on assume le risque du saut dans le vide de l'inconnu, soit on reste dans le corridor parce qu'on se refuse à un face à face avec soi-même et avec le monde.
C'était donc une question de choix, de détermination ; seize ans ou pas, je voulais "y aller"... et comme dit le Cid : "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années"...

Trois "Ecoles de vie" me fascinaient : "la GUERRE" parce que c'était celle de mon Père et l'épreuve du feu par excellence, la plus impitoyable dans l'absolu... "l'AVENTURE" au bout du monde et plus particulièrement en Asie, parce que c'était la plus mystérieuse et excitante... "l'ART" parce que c'était la plus créative et la plus libre...

Il fallait choisir une école de Vie de départ, prendre une décision... laquelle choisir entre les 3 (ART/AVENTURE/GUERRE) pour commencer ?
Je ne savais pas par quoi débuter, c'était si Vaste...

Comme je savais que cette "Triple Formation" serait forcément très longue et que cette étude prendrait une tranche de Vie, je me suis dit qu'il faudrait certainement quelque chose comme 10-15 ans pour les explorer. Je n'avais pas imaginé qu'il allait m'en falloir 20. J'ai poussé la "recherche" le plus loin possible, et il est des terrains où le temps dans l'absolu s'efface aux profits de degrés initiatiques.

Alors pour le jour de mes dix-huit ans, je suis revenu en France, à Paris, par Superstition là où je suis né, et j'ai pris comme nom Signature pour la durée de ma formation : Allen Katona, "Allen" puisque je suis né le neuf septembre (Saint-Alain, le neuf septembre, Saint-Allen dans le calendrier anglophone où je vivais à l'époque).

C'était une façon de marquer une signature.
Je trouvais que prendre un "nom signature", c'était aussi une indépendance par rapport à mon propre nom de famille. Après la mort de mon Père, étant son seul enfant, j'étais l'hériter naturel de ce nom et je n'ignorais pas que mon grand Père (Don Armand Franco-Bora) était un personnage "très influent", dans l'ombre, des "Familles" d'Italie Septentrionale. J'avais très peu connu mon grand Père, mais je ne pouvais ignorer l'impact qu'il provoquait chez ses interlocuteurs, ce qui en disait long sur son "pouvoir". Je savais qu'en plus d'être un Gaulliste de la première heure, très attaché aux valeurs de la Libération et de la cinquième République, il était aussi dans certains cercles un "Chef de Famille" dont le seul nom faisait frémir. Je voulais à tout prix ne pas dépendre de cela, ne bénéficier d'aucun "piston" ; je voulais vivre ma propre vie, avec mes propres émotions, mes propres victoires et échecs ; je voulais tracer ma propre trajectoire. J'étais un jeune Parisien qui voulait vivre sa vie, "Don Stefano" (et les responsabilités qui allaient avec) ça aurait tout le temps de venir plus tard. Je savais que, de toutes façons, je ne pourrai pas y échapper, donc autant vivre avant. Je me disais que j'assurerai cela dans la trentaine, pas à vingt ans. Je voulais juste vivre par moi-même.

Comme je ne savais ni par "quoi" ni par "où" commencer ; je me suis donc re-basé par Fétichisme sur mon lieu de naissance : dans le Quatorzième de Paris.
C'était le début des années 90... En 1991/92, mon univers était celui des Ateliers du Quatorzième, d'Alésia à Montsouris... Exactement là où je suis revenu me baser à l'été 2009.

Le contexte de l'époque, au passage des années 90, s'était dégradé.
L'espoir de Liberté avait fait place aux combats qui déchiraient ceux qui voulaient sortir des ruines de la guerre froide et imposer leur voix ; c'était le vent de l'histoire, incontrôlable dès lors qu'il est lancé. J'avais dix-neuf ans, et il n'y avait pas besoin d'avoir fait science po pour comprendre que cette fin de siècle allait clore une époque et en ouvrir une autre. Débuter à cette époque là voulait donc dire aller au plus près de ce qui était en train de se passer.

C'était, dans "notre" Europe de l'Ouest, un vent d'Espoir que cela débouche sur la Liberté des Peuples, et, de l'autre côté de l'Europe, vers l'Est, un nouveau monde sans règle qui apparaissait.
L'Europe de l'Est était à cette époque là un véritable mystère, c'était l'époque du "rideau de Fer", il n'y avait que très peu d'informations ou d'images sur tout ce bloc de pays fermés, et ce "black out" durait depuis des décennies...

Et puis, à l'été 1992, ce fut un coup de poing : la guerre venait d'être déclenché... à deux heures d'avion de Paris.
On sentait que l'événement historique allait virer au drame. Tout le monde théorisait sur ce début de l'embrasement des Balkans post-soviétique, en rappelant sans cesse que la première guerre mondiale avait débuté à Sarajevo. Il y avait des théories, mais surtout beaucoup de difficulté à comprendre vraiment ce qui était en train de se passer. Il n'y avait que de rares images (il n'y avait pas d'internet encore) qui revenait de l'est, et ces images nous montraient de la souffrance, des familles ensanglantées.

Tout le monde sentait qu'il se passait quelque chose de fondamental, d'"Historique", mais ne sortait de ça que la guerre et la purification ethnique... Tout d'un coup, une violence de guerres inconnues depuis la seconde guerre mondiale arrivait vers l'Europe... Il y avait quelque chose d'effrayant et de complètement inconnu à notre génération...

J'avais été "sensibilisé" à la guerre d'Espagne et à la résistance contre le fascisme par ma grand-Mère... Je me suis senti un Sentiment idéaliste de participer à combattre pour les Droits de l'Homme après ce que nos anciennes générations avaient souffert. Une vague de prise de conscience était en marche, personne ne pouvait rester insensible face à cela...
On comprenait bien que quelque chose basculait, mais c'était en Europe de l'est ; là d'où on ne savait rien depuis des décennies de "Rideau de fer"...

J'étais dans une Jeunesse à fleur de peau... Ce que je trouvais terrible, c'était le décalage total entre les discours clichés de tous les pseudo-intellos qui venaient nous expliquer comment ça fonctionnait tout en étant bien tranquillement installés à Paris dans leur mondanité, et l'atrocité des crimes de guerres dans le réel... Ce décalage, entre ces théories stéréotypées émises de loin, et la réalité de la douleur que l'on voyait sur les visages de ces populations civiles innocentes qui se faisaient massacrer sur le terrain sans que personne ne semble pouvoir arrêter le carnage. On ne connaissait pas ces gens de "l'autre côté" de l'Europe mais on voulait leur crier notre Solidarité face à ce qu'ils traversaient et qui était horrible. Il n'y avait pas de dimension politique dans mon sentiment, juste une Fraternité pour des familles innocentes qui se faisaient tuer.

Je voulais absolument être dans l'ACTION, surtout pas dans les mots ou les beaux discours... Je voulais marquer clairement mes débuts sous le signe d'un certain Engagement, en pérpétuation aussi pour le Courage des grand-Parents pendant la Résistance. J'ai donc décidé de commencer par l'école de la Guerre. Aussi parce que c'était la plus dure des 3 écoles de Vie qui m'intéressaient...

A l'hiver 1992, à dix-neuf ans, je suis donc parti pour le siège de Sarajevo, avec un Sicilien de Palerme Marco Amenta (maintenant devenu cinéaste) qui n'était guère plus vieux. Il y avait une certaine prise de conscience chez notre Jeunesse ; et autour de cette guerre en ex-Yougoslavie, un certain nombre de jeunes gens ont, comme nous, pris la décision de "sauter le pas" et d'aller s'y risquer concrètement ; que ce soit dans l'engagement militaire d'inter-position, dans l'engagement humanitaire, ou dans l'engagement Culturel de Mémoire via le reportage de guerre . Voilà comment, de façon informelle, une génération est partie faire son "Baptème du Feu" dans le siège de Sarajevo.

C'était aussi un saut dans le vide, vers quelque chose d'inconnu, avec le danger de la mort qui peut frapper à tout moment.
Le moment où, tout gamin, sans aucune expérience, il faut prendre la décision "d'y aller"... A ce moment là, c'est la décision la plus difficile que l'on ai jamais eu à prendre dans sa vie, parce que l'on sait qu'une fois lancé "derrière le rideau", n'importe quoi pouvait se passer...
Tous ceux qui ont eu à trancher par rapport à la peur "d'y aller" voient très bien ce que je veux dire.
Chacun ressent cette Decision lourde de conséquence selon son propre caractère ; il n'y a pas de généralité à faire ; tout se joue dans l'intime, en âme et conscience. Il y a autant d'épreuves du Feu différentes qu'il y a de gens qui ont le cran de les vivre.
Mon impulsivité a pris le pas sur le "raisonnable" (je n'avais que dix-neuf ans et, pour ainsi dire, je n'étais jamais vraiment allé à l'école) ; je me suis fait à l'idée de pouvoir mourir dans ma dernière année de teenager. Une fois le "serment" fait, un Homme ne peut plus revenir en arrière...

Avec Marco, on a fait un serment "à l'Italienne" devant Notre-Dame-de-Paris, et on s'est lancés dans la vide, le soir du vingt-trois décembre, pour arriver à Zagreb le soir de Noël, et ensuite piquer sur Sarajevo...
Tout comme nous, d'autres, d'une mouvance d'idée proche (comme Florent Marcie ou François Lunel qui ont fait du très bon travail sur place) ont également sauté le pas vers l'inconnu. Entre les jeunes militaires, les jeunes humanitaires et les jeunes reporters qui partaient pour le "siège", il s'est crée une conFraternité informelle et indicible...

Plus le départ s'approchait et plus on avait peur, c'était une peur de "môme qui marche dans la foret la nuit tout seul", que l'on surmonte dans la Fulgurance Rimbaldienne du jeune âge ; il allait falloir partir et c'était la peur. Plus les heures nous rapprochaient du moment où on allait "passer de l'autre côté', et plus on sentait une sensation venimeuse et inconnue monter en nous...
C'étaient les prémices de quelque chose que l'on allait découvrir dans peu de temps et qui ne nous quitterait plus jamais : l'onde viscérale de l'adrénaline.

Je me disais que quand vous commenciez d'entrée par le plus dur, la suite ne pourrait être que plus douce ; je savais aussi que quand vous reveniez de ce type d'expériences, rien ni personne ne pouvait plus vous "bouger" par la suite...
C'est "l'épreuve du feu" au sens propre du terme...
Le pile ou face d'entrée avec soi-même et le Destin, comme décide de le vivre une petite minorité de jeunes gens en s'engageant en Opérations de guerres, dans l'Armée, dans l'Humanitaire, ou dans le Reportage de guerre pour témoigner, ; dans la "redZone" comme disent les Initiés...

Nous avions réussi avec Marco à trouver deux gilets-par-balles (j'avais celui porté juste avant par Luc Delahaye) et à nous faire accréditer en tant que freelance par la Force de Protection Militaire des Nations Unies (la FORPRONU) car il n'y avait pas foule de volontaires pour aller se risquer dans cet enfer où, beaucoup, avaient déjà laissé leur vie... Dans les derniers jours de décembre 92, nous sommes ainsi arrivés par Hercule C130 (en compagnie d'un autre passager des reporters de la "génération d'avant" : Nicolas Poincaré, et de son preneur de son) dans Sarajevo sous la neige et le feu...

La cité était encerclée et livrée aux rockets et aux snipers, dans une horreur inconcevable, une violence indescriptible qui présentait la face la plus mortelle de l'humanité.

J'ai réalisé ce pourquoi j'étais parti : une correspondance de guerre pour "Convergence", le journal du SPF ; un témoignage Humaniste qui décrivait sans fard la résistance des familles civiles autour de "l'allée des snipers" ; non pas la fascination pour la mort, mais au contraire le combat quotidien pour la survie des Femmes qui luttaient au prix de leur vie pour sauver les Enfants ; nous sommes allés aussi avec Marco et un chef de la résistance locale jusqu'en première ligne du front, là ou le face à face est frontal et où chaque mètre gagné vers la position adverse se chiffre en morts. Comme nous vivions au jour le jour avec des Familles dans les tours de Novo-Sarajevo, nous en avons profité pour apprendre les techniques de résistance de guérilla et les armes qui vont avec. Nous avons aussi beaucoup appris des techniques militaires des casques bleus. Après quelques jours, nous étions fondus à la population, on circulait comme des ombres de zones en zones... De tout cela, j'ai essayé de témoigner avec Dignité et surtout avec une "sobriété" qui contrastait totalement avec le chaos intérieur que traverse chaque personne confrontée à ce genre de choses...

On ne ressort pas indemne d'un face-à-face comme ça avec la mort et la face sombre de la Force. Il y a parler des "épreuves du Feu", juste par les mots... et il y a l'épreuve du Feu, par les Actes, celle qui s'imprime dans le cortex, le corps et le coeur...

C'est à ce moment que j'ai compris que ce que l'on me racontait depuis des années à propos du danger n'était pas un "cliché", mais était... vrai.

J'ai du vivre moi-même ce Baptême du Feu pour constater qu'il existait bel et bien une "différence nette" entre ceux qui sont "allés au Feu" et les autres.

Ce n'est pas un jugement de valeurs, c'est une constatation par rapport aux faits. Entre ce qu'on en voit dans les films et le réel... il n'y a pas photo...

Ca fait sourire ensuite de croiser des gens qui se "la racontent" mais dont on sent bien qu'ils ne tiendraient pas une heure sur le terrain.

On peut prendre le problème dans tous les sens, c'est incontournable et cela change la Vie pour la suite au niveau du poids accordé aux différentes Valeurs, aux différents Enjeux...

Cette initiation du "Devoir et l'Honneur" est celle que partage la "Famille des Cinq" qui ont passé le rideau rouge : les Diplomates d'urgences, les Militaires d'opération, les Humanitaires d'intervention, les Reporters de guerre pour la Mémoire, et les Opérateurs de logistiques...

J'ai pu revivre par la suite à quel point cette "Famille des Cinq" de la "redZone" forme une Fraternité invisible à travers les Nationalités et le Temps...

Le premier retour est très difficile à Vivre car le contraste émotionnel est un total trauma entre la Vie en zones guerre et la Vie en zones Paix ; j'ai donc pris la Décision de repartir le plus vite possible, pour ne pas laisser les souvenirs des cendres venir me hanter dans l'été...

Ensuite, une fois prise la Décision de "repartir", tout s'est enchaîné sans que je n'ai plus à y penser...
Ce travail sur Sarajevo a été remarqué et je fus sélectionné par l'Ecole des Mines (EMAC) pour son concours annuel de documentaires internationaux...

Je voulais travailler sur un autre terrain et j'ai choisi encore ce qu'il y avait de plus fermé : les combats inter-factionnels au sud-Liban, un endroit dont on ne savait que très peu de choses car les étrangers y étaient interdits et capturés, comme dans l'Afghanistan ou l'Irak d'aujourd'hui...

J'ai choisi d'axer mon travail sur l'organisation logistique des équipes médicales d'urgences du SPL (Secours Populaire Libanais) déployées autour de l'Hôpital de Nabatyeh. Je voulais témoigner du travail des chirurgiens qui devaient opérer, souvent sans anesthésie, dans des situations épouvantables, et essayer de sauver des vies, quelle que soit l'appartenance ethnique ou religieuse des blessés...
Là encore, ce fut un voyage vers l'enfer dans ce pays pourtant si magnifique qu'est le Liban... Ce fut aussi un grand apprentissage de Vie de pouvoir découvrir le niveau de sang froid des personnels médicaux au moment d'opérer, sous extrême tension.

Ensuite, en 1994, j'ai décidé de faire une "pause" pour me nettoyer de toute cette violence... Je voulais absolument aller rencontrer l'Himalaya pour mes vingt-ans... Je suis donc parti pour la première fois en Inde et au Népal ; en Inde découvrir la puissance de la Matrice Mystique Hindi... Shiva, Vishnu, Kali... et retrouver la nature sauvage via le sport extrême dans un cadre empreint d'une Magie que je n'avais jamais connu jusqu'à lors : dans la vallée de Kathmandou . Ce fut une expérience magique de pureté et d'absolu... et le début d'une histoire d'Amour avec les peuples Népalais et Indiens...

Après des mois de découvertes, je suis revenu début 1995 à Paris ; j'avais vingt-et-un ans et il me fallait boucler mon "parcours de guerre" avec un terrain qui soit encore différent...

J'ai choisi le Cambodge pour me confronter à la jungle après la glace de Sarajevo et le sable du sud Liban.

Cette fois, je voulais approfondir sur le parcours existentiel des intervenants, et je me suis centré sur l'organisation et la gestion des ressources humaines en situation extrême.

Je suis arrivé par Aranyaprateth où était basée une équipe des Nations-Unies dirigée par Stéphane R., un officier Français qui a eu la gentillesse de m'initier aux enjeux très particuliers de ce terrain. Après avoir navigué dans le dispositif U.N., tout en restant très "freelance" pour pouvoir aussi vivre en direct avec la Population, je me suis enfoncé dans les terres vers Battambang, puis vers les villages où était basé un poste de H.I. dirigé par Pascual M. dont la spécialité était l'appareillage en prothèses pour les civils ayant sauté sur des mines.
Le Cambodge de cette époque, c'était une sorte de far west sans foi ni loi d'une grande violence, avec le trauma Khmer-rouge en filigrane, la jungle étouffante en toile de fond et le danger invisible et omniprésent des mines anti-personnelles cachées dans le sol qui entrainait une terreur paranoïaque incontrôlable.
Ensuite, de fil en aiguille, je me suis retrouvé avec les Militaires du C.MAC (Cambodian Mines Action Center) sur une mission. Tout cela était informel, le parcours s'établissait au fur et à mesure du Hasard des rencontres...
Ils cherchaient un photographe qui puisse tenir le rythme "para" pour suivre leur travail sur les charges explosives au crédit de la phototèque de l'UNESCO pour ses campagnes contre les ravages des mines anti-personnelles. Je connaissais les méthodes des militaires des Nations-Unies depuis la Bosnie, et ils m'ont ainsi intégré à leur équipe. Nous sommes partis nous enfoncer dans le terrain des semaines et des semaines, à découvrir des situations inimaginables dans le Cambodge "secret"...

Ce fut très éprouvant, j'ai failli sauter moi-même sur une mine à quelques secondes près, mais la mission était accomplie et j'ai décidé que mon "cycle de formation" était terminé ; j'ai senti qu'il fallait en finir, au risque de sombrer dans la folie, de vouloir encore surenchérir par un quatrième terrain et cette fois d'y rester...

J'étais épuisé, je n'avais plus de plan à suivre ; je me suis trouvé une arme et suis parti pour un autre "type" de voyage... parce que je pensais qu'il fallait vivre "ça" aussi pour compléter l'Initiatique.
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Sur les trois travaux précédents, j'avais mis un maximum de sérieux à effectuer mes missions ; là je voulais découvrir le "hors piste", en me laissant juste guider par le Hasard, sans but autre que le Voyage en lui-même.

Ce qui sautait aux yeux dans l'Opération Cambodgienne, c'était l'influence de la mystique dans l'évolution des êtres ; il y avait comme une Force impalpable, quelque chose d'hypnotique, qui semblait influencer, "derrière le rideau", la psyché des êtres qui naviguaient dans ces conditions extrêmes.

En Europe, dans les bouquins ou les films, on parle de ce type d'expériences en employant - sans rien en savoir - l'expression "chasser le Dragon"...

Mais ce "Dragon", il ne se trouve pas dans les bouquins...
Il se trouve dans la jungle.
Et pour le rencontrer, il faut aller le chasser, donc se laisser emporter par Lui.

C'était la mystique sauvage de la jungle, avec le livre "La voie Royale" comme seul bagage, comme Porte-Bonheur... Une communication subliminal avec celui qui avait écrit ces lignes aux mêmes endroits quelques soixante ans plus tôt : A.M., chassant lui aussi le Dragon dans les fumées de l'au delà...
Ca a duré quelques mois comme ça... avec l'ombre d'André Malraux qui veillait sur moi. Je n'étais plus qu'une ombre...
Ensuite, ce fut la découverte du VietNam qui se ré-ouvrait aux Occidentaux, en bateau sur cette baie d'Halong qui m'émerveillait ; puis les îles Thailandaises pour "finir le voyage sur une note positive" ; la vie des "routards old style" de la fin du vingtième siècle, dans une ambiance proche de celle racontée dans "The Beach".

Avec le recul, je ne regrette pas d'avoir fini comme ça cette école de Vie, sur les îles, car les conditions d'aujourd'hui ne permettraient plus du tout de vivre de façon extrême ce genre d'expériences, avec toutes les épreuves Initiatiques et trash qui vont avec...
Ce type de voyage initiatique en "free style" serait impossible tant le monde a changé. Pour deux raisons : à cette époque, il n'y avait aucun contrôle sur rien, l'inverse complet du monde ultra-surveillé d'aujourd'hui ; l'autre raison est que cet "ailleurs" du bout du monde s'est lui aussi mondialisé, qu'internet nous laisse reliés à nos endroits d'origines en temps réel, et qu'ainsi c'est le concept même d'"Ailleurs sans repère" qui s'est évaporé puisque tout partout tant à se ressembler...

Je suis rentré à Paris le neuf septembre 1995 pour l'anniversaire de mes vingt-deux ans... J'étais ahuri d'avoir pu vivre tout cela en seulement trois ans ; d'avoir découvert ces univers si particuliers que je n'aurais jamais pu imaginer ; d'avoir réussi à m'en sortir même dans les pires situations alors que d'autres n'étaient plus là pour en parler ; c'était comme une vie qui se refermait et une autre qui commençait...

Le décalage a été bien évidement total avec le retour à la vie Parisienne.

Impossible de parler de ça à Paris... car comment le faire avec des gens qui n'ont pas vécu de "l'extrême" par eux-mêmes et ne le connaissent vaguement que par les films ?
C'est là où j'ai pu mesurer à quel point la marge est grande au niveau du Senso...
Un effet secondaire que je n'avais pas prévu me posait particulièrement problème : l'insomnie. Strictement impossible de réussir à dormir profondément. Toujours à ne vaguement dormir que d'un oeil, toujours sur le qui-vive, même si à Paris il n'y avait plus de raison. J'avais réussi à occulter pour l'essentiel le trauma des situations chaudes, mais, par contre, impossibilité totale de dormir ; donc le plus souvent, je passais mes nuits soit à m'éduquer (à lire), soit à me balader dans Paris la nuit, à marcher et respirer quand la ville dort et que les rues sont vides de présences mais pleines de charmes...

J'avais juste vingt-deux ans, j'avais toujours ce visage de petit gamin aux yeux bleus, et personne n'aurait pu supposer un instant ce que je venais de traverser...

Au moins, je savais ce que je voulais faire pour la suite...

L'école de la guerre pour moi était terminée ; aucune envie après avoir vécu aussi fort de tenter une ré-adaptation à Paris pour m'ennuyer et de toutes façons craquer un jour ou l'autre...
Maintenant, je voulais passer à l'école de l'Aventure ethnologique en Asie, et plus particulièrement en Inde et au Népal qui m'avaient fasciné lors de ma première visite.

Je ne savais pas que cette Aventure en Inde et au Népal allait durer cinq ans, de 1996 à 2000... Je ne savais pas dans quoi je partais, mais je sentais bien que cela allait aussi se révéler "très chaud"...

Et en fait, pendant ces cinq ans, j'ai superposé deux vies : je vivais des mois et des mois en Inde et au Népal, puis rentrais quelques temps à Paris pour travailler et gagner de quoi repartir aussi sec "continuer la route".

A Paris, avec une collègue, nous faisions un mémoire sur la position Française à l'heure du Gatt, au départ nous voulions en faire un livre, puis cela s'est compliqué au niveau du rapport avec les éditeurs ; finalement c'est l'University Press de Berkeley qui nous a publié dans sa publication de référence "Film Quarterly" ; c'était un comble pour un autodidacte comme moi d'être publié par l'Université de Berkeley en tant que "source" alors que je n'avais jamais été étudiant nulle part.
J'ai travaillé aussi pour un cabinet de Ressources Humaines car le sujet m'intéressait énormément.
Vue la différence du coût de la vie entre la France & l'Inde, il suffisait de travailler un mois à Paris pour avoir le budget de six mois de voyages derrière.

Après le chaos des expériences de guerres, il y avait un appel irrépressible en moi qui me guidait vers l'initiation à la sérénité.

La "route de l'Inde et de Kathmandou" était un classique de toutes les générations précédentes, et c'est logique tant ce sont des endroits uniques qui traversent ce que nous Occidentaux nous nommons l'Ame... Il y a cette Force transcendentale hypnotique qui vous prend, une certaine Magie... .

L'Inde me fascinait littéralement par sa Force, son extrême diversité d'une région à l'autre, l'Hindouisme qui me happait car c'était un mystère total que je me suis mis à étudier tout en étant lucide et en sachant qu'un Occidental ne peut "qu'approcher" le sujet tant il est vaste ; le Népal des montagnes, sa douceur,
la gentillesse de sa population, la voie du zen Bouddhiste...

Cela a duré des mois et des mois, de villages en villages, sac à dos aux quatre coins du continent. Ce fut une véritable école de "l'ailleurs". J'ai passé 1996 et 1997 à l'écriture d'un ouvrage Hommage à la force de Bénarès.

Ce furent des expériences tellement fortes à vivre sur tout ce temps qu'il serait vain d'essayer de les décrire par des mots.

Ensuite, 1998 et 1999, je suis passé à l'Action Humanitaire.
J'avais gardé comme regret terrible de n'avoir pu intervenir concrètement sur les situations de guerres ; là je voulais m'investir en profondeur dans l'acte de Fraternité.

Les aléas de la vie avaient fait que j'avais été nommé Lauréat National du Prix des Solidarités Internationales du Programme Défi-Jeunes du Ministère de la Jeunesse et des Sports.
Le programme a donc pris un tournant plus officiel car cela rentrait de facto dans le cadre de l'Action Gouvernementale.
J'ai donc troqué mon registre de routard pour celui de Responsable d'une Opération Officielle à l'Etranger qui impliquait le Gouvernement Français. Cela voulait dire une Action propre et sans bavure. Pour des modalités que je ne peux exposer ici, le succès du démarrage du projet a envoyé la trajectoire sur des enjeux géo-politiques sur toute cette partie de l'Asie en plus de l'aspect humanitaire de départ.

Et donc, les mois passaient sur ce terrain où chaque jour était un nouveau challenge à relever.
J'avais choisi l'option de monter une petite équipe locale, et nous organisions depuis Kathmandu des convois pour apporter du matériel d'alphabétisation dans les montagnes.
Cela reste probablement la plus belle expérience que j'ai eu à vivre. Après des jours de routes impossibles, nous arrivions dans des villages où, pour la première fois, il y avait un contact entre le monde local et secret des villages et des Occidentaux.
C'était absolument magique à chaque fois de voir la joie et la curiosité des enfants quand ils recevaient le matériel.
Plutôt que d'avoir un cahier et un livre de cours par an pour dix ou vingt gamins, ils avaient un livre et un cahier chacun, ce qui leur permettait de vraiment "rentrer" dans cette éducation qui était pour eux avant plus une corvée.
Nous apportions aussi des vêtements et ce que les chefs de villages nous demandaient pour améliorer le quotidien.
Les deux seules règles que je m'imposais étaient de ne pas vouloir changer quoi que ce soit au système sociologique local de la Vie des villages ; et ne pas rentrer dans le cercle vicieux pourtant omniprésent de la corruption.

C'était ce dernier point qui était le plus délicât.
J'avais compris qu'il fallait rester le plus discret possible pour ne pas attirer les convoitises et les vautours, mais, même en restant discrets, cela ne pouvait manquer d'arriver car notre "côte" montait dans la population.

Fin 1999, j'ai décidé de prendre quelques mois de pause pour reprendre le recul nécessaire à faire un point de la situation.
J'avais eu l'idée de faire un film documentaire sur les voyageurs Occidentaux qui se perdent psychiquement en Inde.
Avec une co-équipière absolument exceptionnelle de bravoure et d'intégrité (K.B.), nous sommes ainsi partis à l'aventure caméra en main.
Et ce fut un cauchemar total...
Dès le départ s'est produit quelque chose d'imprévu, je me suis blessé, et barouder dans cette chaleur avec des côtes fracturées, c'était un enfer de douleur. En plus, à force de "coller au sujet", nous sommes tombés "dans" le sujet lui-même et avons perdu pieds avec une certaine réalité, comme ceux que nous filmions. J'avais l'impression de vivre une plongée dans les tréfonds de l'enfer ; c'était le tournage catastrophe d'Apocalypse now...
La nuit du millénium s'est passé à Auroville, près de Pondicherry.
C'était la première fois que j'y allais et j'avais complètement sous-estimé à quel point c'était "spécial"... Cette nuit du millénium, c'était vraiment une histoire de vie et de mort...
Ensuite, le calvaire à duré des mois, à traverser l'Inde jusqu'à Calcutta, puis Rishikesh ensuite...

L'Inde restait magique en elle-même, ce fut l'expérience sur la durée qui fut une horreur ; avec comme point culminant le culte de Kali à Bénarès ; le plus extrême que l'on puisse faire...
Nous nous accrochions parce que, avant tout, nous étions amoureux de l'inde...

Il a fallu que je fasse une pause sur le "tournage" car les opérations à Kathmandu nécessitaient ma présence d'urgence ; en plus de la visite de quelqu'un de très particulier qui arrivait de France et que je devais escorter dans sa découverte du népal sans qu'elle ne se doute de la difficulté de la situation...

Je suis donc arrivé d'urgence en solo depuis Bénarès, complètement épuisé, et là une autre épreuve m'attendait : les mafias de Kathmandu voulaient prendre en main le programme humanitaire.
Le programme était bien calé et je voulais passé la main aux locaux pour qu'ils puissent être indépendants ; mais ce que je ne voulais pas c'était que des gens exploitent ce chantier à des fins autres que strictement humanitaires.
Là pendant un laps de temps, court mais intense, ce fut une lutte armée contre la corruption ; finalement, j'ai compris que la seule façon que le chantier puisse continuer, c'était mon propre départ.
J'ai donc passé la main pour ne pas compromettre la suite des opérations.

Ensuite, il a fallu revenir à la fin du "tournage", cette fois à Rishikesh, dans les montagnes, à l'est.
J'étais tellement vidé que je ne pouvais presque plus communiquer avec l'extérieur ; je me suis donc laissé porter par la magie de l'endroit et mon Amour de l'Inde. La caméra n'avait pas survécu à tout ça ; le film était terminé.

A la rentrée, à l'été 2000, j'étais totalement détruit, physiquement et mentalement.

Imaginez le contraste avec la vie Parisienne...

En revoyant les images, nous avons vite compris que ces trente d'heures de rush n'étaient non seulement pas montables d'un point de vue technique, mais qu'en plus ce que ça représentait était trop trash pour être montré nulle part ; cela relevait du snuff movie.

Toute la seconde partie de 2000, j'en ai donc fait mon deuil.
Ce que je regrette le plus, c'est que l'intensité des événements ait coupé tout contact avec mon équipière, quelqu'un de vraiment fantastique, que je n'ai jamais revu (d'un commun accord mutuel et tacite) pour ne pas rouvrir la cicatrice.

Pour ce qui concernait l'Humanitaire, j'avais trouvé le moyen de boucler la boucle par une dernière mission, téléguidée depuis Paris. Tout s'était bien passé et cela a donc fini proprement, ce qui était l'essentiel. Quelques mois plus tard, j'ai su que celui qui fut mon Parrain au Népal (Teo Baba) était mort brutalement sur place de maladie. La boucle était définitivement bouclée.

Mon second cycle d'apprentissage "l'Ecole de l'Aventure en Asie" venait de se terminer, je le sentais. A la fois j'en étais triste, et à la fois je me disais que j'avais été le plus loin possible ; après des choses aussi extrêmes, je savais qu'il était impossible d'aller "plus loin"...

Quoi qu'il arrive, je garde l'Inde & le Népal dans mon coeur, avec tout mon Amour éternel et mon Respect pour ces deux pays qui furent vraiment mes Ecoles...

2001 commençait, le nouveau millénaire commençait...
Cela faisait dix ans que je n'arrêtais pas de voyager.
Je voulais passer à la troisième Ecole : l'Art...
Par le hasard des rencontres, cela s'est fait dans l'underground Parisien, dans la "cour des miracles" de l'underground Parisien je devrais dire...




Qu´attend-on de vous dans votre travail, et comment y parvenez-vous?

Je ne pense pas que quiconque attende quoi que ce soit de moi.

J'ai volontairement tellement peu médiatisé mon parcours de ces vingt années de période initiatique "profane" (1989/2009), que le facteur de "l'attente médiatique" n'a aucune influence sur mon parcours existentiel.

Le grand public n'a jamais entendu parler de moi, seules "certaines personnes" de "certains milieux très précis et spécialisés" me connaissent à travers mes interventions dans ces sphères précises.
Et encore, comme pendant ces 20 ans, j'ai volontairement changé de terrains tous les trois ans à peu près et que ce sont différentes "chapelles" très différentes les unes des autres... terrains de guerre, puis baroud en Asie, puis spécialisation Inde/Népal, puis humanitaire et diplomatique là-bas, puis les RH, puis hopital des grands blessés, puis Art underground en europe, puis cercles d'experts du réseau internet, puis cercle des Européens en percée en Asie...

Cette "réputation" dans certaines sphères plutôt "underground" me suffisent car cette réputation a été batie par mes actes, ce sont ces actes qui ont pu marquer en sublimal ces terrains... Cela me suffit parfaitement.

Maintenant, mes travaux passent dans une phase imposant d'inverser les choses : après la discrétion publique volontaire totale, il va falloir maintenant s'exposer médiatiquement pour défendre et porter les projets en cours.

C'est certainement là le paradoxe en fait : alors que je finis 20 ans de voyages pour en commencer un autre, les gens vont juste me découvrir maintenant et donc en déduire que je suis un débutant... Je pars donc en parfait inconnu, en parfait outsider ; comme je ne revendique rien et ne vient rien chercher en ouvrant désormais au public mon atelier d'alchimie, c'est l'idéal.

On m'a beaucoup demandé pourquoi depuis des années je n'exposais pas les réalisations au fur et à mesure... Ce n'est pas par gout du secret, mais simplement que je pensais que toutes ces expériences de 1989 à 2009 formaient un tout, et qu'il valait mieux exposer cela d'un coup une fois le process d'apprentissage mené à terme, plutôt que d'essayer d'exposer cela publiquement avant que cela ne soit terminé et cohérent...
Et puis, je viens de la "vieille école" des "Familles à l'Italienne"... je suis très attaché aux notions d'apprentissage, de filiations fraternelles par degrés par paliers... 20 ans pour arriver à ce niveau, c'est une étude qui peut sembler longue mais ce domaine métaphysique est si large que l'acuité ne peut venir qu'après des années et des années de routes... Et lorsque l'on est apprenti, il faut avoir l'humilité d'apprendre, d'écouter, et pas de se montrer ou d'attirer l'attention à soi... Voici la raison de mon "silence", tout simplement.

Maintenant, janvier 2010, nouvelle décennie, c'est le moment de faire une exposition rétrospective, tout en impulsant les ateliers futurs.
Et je suis ravi que cela se passe à l'endroit où je suis né, Paris XIV, là ou je suis revenu, comme je l'avais promis en partant 20 ans plus tôt.

Je ne fonctionne plus (depuis bien longtemps) sur les "attentes" de quoi que ce soit, mais sur les "actes" dans le vécu et sur les "opérations" dans le grand safari carnavalesque de la vie. Le silence parle plus que les mots et les stratégies marketings dans lesquelles tout sonne artificiel.

Dans l'équation métaphysique qui compose mon identité, j'ai cherché à "zenifié" la trajectoire au maximum, pour me concentrer sur la légèreté de ce que je pense être l'essentiel : le ressenti.

En cela, j'avoue humblement avoir eu la chance de beaucoup apprendre sur le sujet durant mes années de formation initiatique en Inde, au Népal et en Asie du sud est.

J'ai remplacé ainsi le facteur "attente" par celui "découvertes et curiosité". J'ai gommé aussi le facteur "recherche de reconnaissance et de richesse matérielle" qui caractérise la mentalité occidentale... c'est beaucoup trop encombrant, karmiquement parlant.
Rechercher gloire, pouvoir et argent, je trouve cela futil et trivial.

Ne reste au final que l'Avventura de la vie dans le ressenti.

Ca, c'est pour les choix et les bases qui régissent la personnalité ; la fréquence interne.

Ensuite, comme pour chaque être sur terre, il y a ce que votre parcours dégage comme onde autour de vous ; ce signal qui caractérise la trajectoire et initie la façon dont le monde extérieur vous ressent ; la fréquence externe.

Pour ce qui est de l'interne, je sais parfaitement qui je suis, d'où je viens et où je vais.

Pour ce qui est de l'externe, que chacun se fasse librement sa propre opinion. Je ne veux pas chercher à influencer ce ressenti. Je ne fais rien pour chercher à plaire à qui que ce soit et m'attirer ses bonnes faveurs ; je ne veux pas présenter de moi une image non conforme au réel. Face aux critiques hostiles ou face aux louanges : juste "être" et maintenir le cap quoi qu'il arrive... Juste cheminer sereinement dans la vie comme l'eau coule au fil des rivières. Sans rien "attendre" ni se laisser influencer par qui ou quoi que ce soit, justement...

Ceci étant posé, il y a une variante liée aux spécificités du "terrain" sur lequel on opère. La notion d'"attente" varie principalement selon les spécificités sociologiques des cultures des pays dans lesquels on intervient. Selon que l'action se déroule en Europe, en Asie, en Afrique ou en Amériques, il y a une profonde variation, cela tombe sous le sens.

Chaque "terrain" possède son historique, ses règles et ses codes ; en un mot, chaque terrain possède son "identité". Et la nature de l'attente est la conséquence directe dans l'inconscient de cette identité sociologique.

Lorsque l'on intervient plus loin que dans son pays d'origine, au delà des codes de sa culture natale, il y a une confrontation frontale avec "l'ailleurs", avec tout ce que cela implique.

A fortiori, lorsque le challenge fait que vous devez intervenir à plus de 10,000 kms, il y a forcément une rencontre ethno-sociologique trans-continentale, à de multiples niveaux d'enjeux, variés et complexes. Il faut donc être très cultivé pour pouvoir s'imposer sur différents terrains trans-continentaux.
C'est comme un tuner à multiples fréquences de sensibilités.

C'est aussi d'entrée un facteur de divergence.
C'est une chose de n'intervenir "que" sur son terrain natal, "que" dans sa langue maternelle, en connaissant d'entrée justement les "attentes" du contexte... et c'est carrément autre chose "d'oser se risquer" à intervenir sur des terrains lointains, des "ailleurs" où la nature de l'attente est une énigme.

J'appartiens ouvertement à la seconde famille parce que je place en priorité dans mon équation métaphysique les notions de : aventure + éclectisme + audace = rencontres imprévisibles avec l'inconnu.

Quand je reçois des mails de gens qui découvrent mon travail via internet, je perçois nettement que l'"attente", via ce vecteur qu'est internet, tourne autour de la notion d'innovation : voir sur le net des choses que l'on ne voit pas ailleurs, ouvrir des "fenêtres" sur la diversité du monde.

Et ces internautes qui viennent à moi, comment trouvent-ils mon chemin ?
Tout simplement grâce aux tags (mots clefs) aléatoires indexés par les moteurs de recherches.
Ce n'est pas de moi qu'ils sont en "attente", bien entendu, mais de découvrir un autre bain d'images, un autre ton, une autre vision de thématiques.

Je trouve fascinant de me rendre compte que cet échange relie avec l'ailleurs... avec Rio, avec Dakar, avec Tokyo... Et je peux vous dire que les "attentes" des Brésiliens, des Sénégalais ou des Japonais sont bien différentes...

Le monde n'est fascinant que parce qu'il est multiple et diversifié.

La perte de repères identitaires du début du vingt-et-unième siècle fait qu'il y a un dangereux retour aux fondamentalismes en tous genres, comme d'ailleurs à toutes les époques auparavant en cas de crise identitaire et/ou de peur matérielle du lendemain ; c'est une constante atavique du concept de "civilisation" qui se répète, de siècles en siècles. Si il fallait traduire cela par une parabole, de la pensée en mode Orientaliste transcodée à celle en mode Occidentale, on oserait parler de "trou d'air karmique".

"Trou d'air karmique"... Voilà dans quoi nous vivons ; voilà la dominante de ce début de nouveau siècle et de nouveau millénaire.
C'est donc très important de savoir clairement où l'on se situe si on recherche une avancée.

Personnellement, je me situe ouvertement dans la voie de la médiation entre les Cultures, dans l'écoute et le respect de la diversité des sensibilités de chaque Civilisation ; et bien sûr tourné vers le futur, et non vers le passé.

Il faut respecter les traditions ; les respecter jusqu'à une limite : jusqu'au moment où ces balises se mettent à freiner l'avancée par un conservatisme apeuré qui déclenche une réaction réactionnaire.
Etre respectueux des Traditions : oui ; être réac : non.

Si il y a une "attente" aujourd'hui, c'est bien celle-ci : l'innovation, pour trouver de nouveaux angles d'avancée, pour trouver de nouvelles formes de médiations.

Tout cela pour dire que la "notion d'attente" est insondable.

Passé, présent, futur.
Ici et ailleurs.
Conscient, inconscient, subconscient.
Il faut pouvoir trekker à travers ces différents plans de conscience en étant en éveil sur la difficulté de ce labyrinthe, en étant conscient de la difficulté de la tache.

Après, il y a la théorie, les discours, les analyses... et il y a la pratique.

Concrètement, il faut voyager pour se rendre compte à quel point la mondialisation est une évidence. On entend beaucoup parler de cette "mondialisation", mais je constate que ceux qui en dissertent à longueur de pages, bien souvent n'ont pas vraiment mis les pieds hors de leur petit cocon d'origine, et encore moins ont réalisé des choses dans différents endroits.

Quels sont donc les balises de cette mondialisation d'un point de vue non pas des échanges commerciaux mais des échanges culturels ?

Mondialisation par des réseaux communs de communicabilité globale et universaliste, principalement via le réseau internet... mais, paradoxalement et en simultané, alter-mondialisation de plus en plus spécifique dans le codage de chaque infra-culture régionale qui la compose.
Ce qui est tout à fait logique. Ce sont des cultures différentes, avec des historiques et des traditions différentes, et par la même des critères et des réflexes conditionnés différents.

Voila pour le contexte contemporain global autour...

Ensuite, à titre personnel...

Il n'y a pas besoin de parler du bout du monde pour constater à quel point les différences de cultures sont marquées...
Avant de disserter sur la Chine ou l'Amérique du sud, prenons par exemple deux voisins Européens cousins depuis des siècles : la France & l'Italie. Je prends cet exemple car c'est celui que je connais de l'intérieur le plus précisément, étant moi-même Franco/Italien, Français de naissance, de Culture, et Italien de Famille et de tradition...
Quand je vois comment ce que je fais est reçu dans ces deux pays, c'est une évidence que l'"attente" est diamétralement divergente.

En France, là où je suis né dans la fin du vingtième siècle, la clef de critère qui prime est celle de l'analyse cérébrale, cartésienne de préférence, avec automatiquement au bout un jugement de valeur censé souligner le statut d'"intellectuel" de celui qui se permet de juger.
On voit ainsi, depuis Paris, avec perplexité, mes interventions comme des "excentricités". En effet, selon les critères de la culture hexagonale, dès que vous intervenez dans différents domaines, dans différents registres, et que l'on ne peut plus vous classer dans une case précise, on vous colle de façon définitive l'étiquette de "touche-à-tout" sur un ton un peu condescendant, et vous devenez une "curiosité excentrique". L'establishment Français pense donc (par réflexe conditionné) que rien "de sérieux" ne peut venir d'un "guignolo" comme moi ; l'establishment Français n'attend donc rien de moi et renvoie une indifférence hautaine et froide à mon travail ; ce snobisme est son droit le plus absolu d'ailleurs. Ca ne me pose aucun problème et, plutôt que de regretter de n'être pas considéré en France, je vis avec délice les rencontres internationales.

En "Ritalie", là d'où vient le nom de Famiglia que je porte d'avant le vingtième siècle, la clef de critère qui prime est celle de l'affectif pulsionnel, avec panache et comedia dell'Arte de préférence, avec automatiquement une poussée passionnelle qui entoure les relations humaines.
Le jugement de "valeur" est conditionné à la signature (au "firmato" en v.o.) que vous mettez à la qualité de la surenchère dans l'Art de vivre, autant dans le fond que dans la forme ; c'est l'héritage de la Rome antique, puis de la Renaissance, puis du Barocco. Le fait d'intervenir sur différents terrains est respecté parce qu'ils en perçoivent la difficulté, et donc la bravoure à aller "relever". Il y a un profond respect de l'effort et de l'audace.
J'y suis considéré comme un "Cousin Parisien de sang". Un Italien Piémontais et Vénitien (comme le désigne mon nom) de Paris ; un ragazzo di Parigi qui possède un Destin ouvert vers le monde et "tente des choses", ce qui est respecté là-bas à sa juste valeur.
D'après les échos qui me reviennent par différentes sources, je ressens une ferveur et une chaleur humaine qui me soutiennent dans l'effort ; ils sentent que je tente des choses difficiles et ils me témoignent Amour et Passion en ne manquant jamais de m'encourager.

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Nous sommes aussi le reflet de ce que nos actes impulsent...

Ce que je "fais" possède une "apparence" excentrique, cela induit une légèreté en même temps qu'un dynamisme lié à l'imprévisibilité ; mais cela implique également une forme de difficulté à comprendre "en quoi ça consiste".

Un coup on me trouve dans le documentaire ethnologique à l'autre bout du monde, ensuite on me retrouve dans l'Art contemporain, ensuite encore dans la fashion, dans la méta-sociologie et les ressources humaines, ou encore dans le monde sportif...
Il y a donc ce paramètre de lisibilité délicat à intégrer.
C'est ce qu'on m'a dit et répété, donc je vais commencer à le croire.

De mon côté, je n'attends rien de personne.
Je fais toute confiance à l'Arte della Provvidenza pour souligner le chemin vers la Bella Stella (vers la belle étoile).

C'est donc un rapport simple, serein et équilibré qui nous relie à travers ces paroles.

D'expérience, d'époques en époques, j'ai remarqué qu'on me considère, en France, généralement - à défaut de pouvoir me calculer - comme un "excentrique".
Et je ne peux leur donner tort car c'est tout à fait vrai.
J'ai assimilé cela et l'assume... pas de polémique.

Maintenant, tout dépend de ce que l'on appelle "excentrique"...
Dans mon cas, "excentrique" c'est dans le sens "qui tente des trucs dans l'inconnu", donc ce n'est ni négatif ni péjoratif, c'est juste une constatation par rapports à des faits.

Voila, à la grand loterie karmique des existences, j'ai tiré cette carte de "l'Enfant terrible", donc je ne cherche pas à la fuir et assume cette Avventura ; de la même façon, je ne veux renier à aucun prix ce que mon Coeur me dit de faire.

J'avoue ne faire aucune confiance ni aux calculs ni aux théories ni aux dogmes... donc je m'en remets seulement à mon ressenti et à mon intuition.
Cela m'a toujours sauvé, alors pas question de changer.

Les gens qui s'intéressent de près à mon travail et le suivent depuis des années savent bien qu'il y a ces deux facettes en moi : d'un côté, l'Aventure de "terrains" au bout du monde ; de l'autre côté, le registre Culturel & Artistique.

Un miroir à deux faces : la recherche de l'Aventurier et la recherche de l'Esthète.

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J'ai commencé à "voyager" quand j'avais seize ans, en 1989, au siècle dernier déjà ; et en septembre 2009, le neuf, le 090909, cela fera vingt ans pile.

Sur ces vingt ans, les dix premières années dans l'Aventure au bout du monde, puis les dix suivantes dans la création Artistique.
Ce n'est donc tout simplement pas possible pour moi d'oublier ni l'une ni l'autre de ces deux identités qui n'en forment plus qu'une aujourd'hui.

C'est aussi un paradoxe.
Comme je commence tout juste à ouvrir une "médiatisation" à mon travail en septembre 2009, beaucoup pensent donc que je "débute" puisque je suis un "petit nouveau" qui apparait juste à leurs yeux.
Alors qu'en fait je ferme un cycle de 20 ans d'expériences initiatiques "profanes", pour en ouvrir un autre en "magistère", si l'on peut dire.

Mais bon... j'assume ce statut de "jeune débutant", puisque je pense que l'on apprend chaque jour de la Vie elle même !
A chaque nouveau chantier, je privilégie la remise en cause, et donc, effectivement, je reprends cette position d'"absolute beginner".

Je le répète, on ne peut tourner le dos à son passé, nos expériences vécues "sont" nos personnalités d'aujourd'hui, et nos bases pour demain.

Alors voilà, à mon sujet il y a ces deux trajectoires, l'Avventura de terrain "et" l'onde culturelle ; une décennie dans la première, une décennie dans la seconde, et aujourd'hui une synthèse.

Les années 90 en baroudage sur des terrains au bout du monde, les années 2000 en créativité en atelier. Deux expériences, deux mondes si opposés...

Maintenant je fais les deux à un niveau de visibilité internationale.
Mais est-ce que cela me change la vie que maintenant des gens me voient par internet ? Non. C'est juste intéressant en terme de partage de vécus.

Je persiste dans ma volonté de vouloir apparaître le moins possible dans les médias... et veto total et absolu en ce qui concerne les sphères "people-isation" et "mondanités" que je fuis comme la peste.

En lui-même, mon travail est exactement le même qu'avant.
J'essaie juste de donner le meilleur de moi-même "dès que je monte au terrain" comme on dit en Italien dans le calcio.

La variante, c'est qu'avant cela ne se savait que pour des petits cercles d'initiés dans des obédiances spécialisées ; alors qu'aujourd'hui, via internet et tous ces écrans de multiples genres, cette voix d'Atelier se projète.
Mais c'est aussi ce que les "décideurs institutionnels" lui demande, si vous voyez ce que je veux dire et lisez entre les lignes...

Quel que soit le degré de médiatisation que cela pourra prendre, je m'efforcerai de rester à la même humilité que celui qui était "sous le bandeau" au moment de passer les portes d'expériences initiatiques.

L'echo ou la "côte" médiatique et/ou financière n'a aucune prise sur moi. Vraiment...

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Mais l'Aventure "Live, sur le terrain" et la création Artistique, ce sont deux registres qui n'ont rien à voir.
C'est cela d'ailleurs que j'aime en fréquentant ces deux terrains antagonistes : ils sont aux antipodes l'un de l'autre. C'est cet éclectisme qui m'attire.

En restant bien clair sur la nature profonde de chacun des deux terrains.

Quand c'est le moment de l'Artistique, c'est la comedia dell'Arte. C'est donc la facette bouffon de carnaval qui prend le dessus en moi.

Quand il s'agit de gros enjeux internationaux sur des terrains en opérations à l'étranger, c'est le sens de la responsabilité qui prend le dessus ; "aller au bout des choses" sur ces terrains dans des conditions souvent très délicates et périlleuses, avec "spirit commando" pour opérer. C'est quelque chose que je porte en moi depuis mes vingt ans où j'étais en zones de guerre. Ce "mental commando" prend le dessus en moi lorsque la tempête se met à souffler et qu'il faut faire front.

Pour connaitre justement les deux terrains ; et le terrain de l'Aventure au bout du monde, et celui de l'Art : je sais qu'il faut être concentré sur une seule fréquence, et ne surtout pas mélanger les deux, à aucun prix.

Dans le cas de l'Aventure de terrain au bout du monde, c'est du "live" au coeur du réel, avec les responsabilités et les dangers qui vont avec.
C'est le moment d'être un homme d'Action tous terrains, juste concentré, de façon presque animale, sur l'Action.
Dans le cas de la création Artistique, c'est de "l'intemporel" dans les limbes de l'onirique, dans le subconscient et la grâce de la notion de création.
C'est le moment d'être un esthète, juste concentré sur la Poésie et la créativité.

Mais ne surtout jamais mélanger les deux sensibilités pendant les process...

Si vous êtes esthète et artiste alors que vous baroudez au bout du monde dans des épreuves techniques très exigeantes où le mental "commando" va de soi, dans le sport extrême outdoor par exemple, vous pouvez décrocher du senso du réel de l'action et vous risquez la mort par déconcentration.
Le verdict dans le registre du baroudage est sans appel.
C'est ce côté impitoyable qui fait le prix du baroudage et toute sa beauté.

Si vous êtes en mode "commando" alors que vous êtes à l'écoute de la grâce dans la magie du processus de création artistique, vous êtes trop rigide pour laisser infuser la création et trop complètement rivé aux limites du réel pour pouvoir ressentir toutes les fréquences de sensibilités nécessaires à l'acte du créateur.
Cette rigidité se traduira dans l'oeuvre elle-même et elle échouera à venir rencontrer la grâce dans les rendez-vous invisibles avec l'Art. Le verdict dans le registre de l'Art est plus difficile à évaluer parce que plus subjectif, mais il est tout autant sans appel. Voilà pourquoi il est si difficile de réussir à créer des oeuvres marquantes dans la sphère artistique : le rapport entre le réel et le subconscient ouvre la boite de pandore de l'âme, et il s'agit donc d'une grâce immaculée qui ne connait aucune règle... C'est un mystère total et seule la sensibilité d'âme permet de voyager dans l'Art. C'est ce côté alchimique qui fait le prix de l'Art et toute sa beauté.

On peut d'ailleurs remarquer qu'en général les gens qui viennent du "terrain" éprouvent les pires difficultés à sortir du réel pour passer au mode créatif subliminal ; dans le même transfert mais à l'envers, les gens de la sphère artistique ne sont tout bonnement pas capable d'affronter ni techniquement ni psychiquement la pression du réel en terrain difficile et perdent pieds dès qu'il faut sortir du monde onirique.

Il y a là une difficulté fondamentale qui est aussi ma principale motivation à vouloir être "complet" et à pouvoir opérer de l'un à l'autre.

Je dois avouer que pour me séduire, il faut soit l'un soit l'autre.
Le courage sur le terrain me fait vibrer, le talent dans la création me fait vibrer ; si il n'y a ni l'un ni l'autre, ça me laisse juste de glace.

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Voila, la question précise est : Qu´attend-on de vous dans votre travail ?

Dans le registre de l'Action, on attend de moi que j'aille mener des missions à forts enjeux, sur les registres de la médiation Diplomatique, au niveau international en Asie, qui est mon terrain "Fétiche" depuis maintenant plus de quinze ans...

Dans le registre Artistique, on attend de moi que je fasse sortir des Créations du chapeau, pour à la fois contribuer à perpétuer les héritages Culturels des siècles passés, et à la fois pour contribuer à la création dans les beaux Arts ici et maintenant.

Voilà, à moi de relever le gant, et c'est ce que je fais.

D'un certain côté, mon palmarès des années 90 plaide pour moi sur des terrains "difficiles niveau rouge", on ne peut effacer l'expérience et les réalisations de mes époques de terrains "guerre" ou "aventure" ; mais comme j'ai réalisé ensuite dans les années 2000 des créations dans le registre Artistique, cela donne d'un point de vue de "l'apparence" quelque chose de plus léger, de plus fantasque.

Mais ce n'est pas du tout le même public. Ce sont même les deux extrêmes du spectre de sensibilités.

Les personnes qui connaissent mon parcours sur le registre "action" trouvent plutôt "rafraichissant" de maintenant intervenir sur un mode plus léger après des années sur des terrains aux enjeux graves.

Les personnes qui me découvrent par le spectre de l'Art comprennent bien vite que je ne viens pas du "sérail" ni de "l'establishment intellectuel", et découvrant mon travail dans le registre de "l'action" trouvent que cela "renforce" la création Artistique, et ils ont raisons, donc je n'ai rien à rajouter.

Je m'efforce de mettre de l'Art et du carnaval dans des sujets sérieux pour en faire ressortir certains aspects ; à l'inverse, je mets une approche "sérieuse" à aller voyager l'Art.

Ce paradoxe est la clef de mon expression.
Je ne peux que le répéter, ce qui me motive c'est la notion d'éclectisme.

C'est très bien comme ça d'ailleurs, cela me laisse toute latitude pour créer la surprise et toujours frapper là où ne m'attend pas...

***

Peu importe au fond...
A part les avis de ma Maman et de la Femme avec laquelle je partage ma vie, peu importe ce que les gens qui ne me connaissent pas peuvent bien penser de moi...

Ce que l'on attend de moi, ce que l'on pense de moi - en bien ou en mal -, je m'en fous complètement.

De mon parcours découle logiquement les avantages et les inconvénients d'oeuvrer en trans-Disciplinarité...

Comme pour toutes celles et tous ceux qui interviennent en "trans-Disciplinaire", il faut intégrer comme facteur dans l'équation que le multi-Registres permet une action plurielle sur différents terrains en simultané, ce qui représente une grosse Force.

En revanche, il faut intégrer aussi que cette action puisse avoir une lisibilité extérieure difficile, car les balises sont nombreuses et variées...

L'inconvénient, c'est peut-être de paraître un peu "insaisissable", "inclassable" pour l'oeil extérieur qui voudrait me classer dans une fonction bien précise et codifiée. Les gens aiment pouvoir croire cerner quelqu'un en un coup d'oeil (un nom > une fonction sociale), ça les "rassure" ; lorsque cela n'est pas le cas, souvent ils ne se posent pas la question de creuser, ils trouvent juste ça "bizarre"...
Ce n'est pas spécifique à moi, c'est comme ça "en général" pour tout ce qui touche à la trans-Disciplinarité, donc tant pis, il faut faire "avec"...

L'Avantage d'un parcours vécu sur de multiples fréquences, c'est de pouvoir aborder une multitude de thématiques socio-culturelles, avec une expérience et une capacité OPErationnelle qui permettront toujours de trouver, par intuition, un angle de tir en scannant la trame de la situation à différents niveaux d'enjeux ...
Pour, d'étapes en étapes, de degrés en degrés, de paliers en paliers de l'échelle, d'expériences en expériences... avancer, quelle que soit la difficulté... avancer toujours un peu plus loin... se projeter vers l'avant dans l'inconnu...

Qu'attend-on de moi ?

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Ca dépend des Pays et des Cultures.

En France, en Italie, dans le monde Anglophone, ou en Asie, on n'attend pas du tout la même chose ; logiquement parce que la conception de "la Vie" en général diffère ; les enjeux et les valeurs sont différents, les façons de ressentir l'inconnu sont différentes...

En langue Française, il n'y a pas vraiment de mot pour "désigner" le fait de pouvoir traverser plusieurs Vies via plusieurs registres sans vouloir être d'une condition en particulier. On dit péjorativement "touche-à-tout", avec condescendance. Plutôt que de relever la difficulté qu'implique le challenge de passer d'un registre à un autre, on en déduit qu'il doit s'agir d'une excentricité...

En Italien, on dit juste "FuoriClasse", mais il faut le mériter par des actions "hors normes". L'aspect émotionnel compte énormément et, plus que les références pragmatiques, c'est la beauté de l'Ame et du Panache qui font Foi. L'extravagance de relever des challenges est respectée comme une profession de Foi et on ne sépare pas systématiquement le fond et la forme, comme ailleurs...

En Anglais, on dit juste "Smooth Operator", en laissant "open" toutes interprétations possibles. Ce qui compte, ce sont les résultats avant tout, et peu importe le décorum autour. Le "palmarès" est donc logiquement une valeur respectée

En France, on ne sait jamais trop comment ce que l'on fait va être reçu.
Un jour vous êtes apprécié pour certaines raisons ; le lendemain on vous tire dessus à boulets rouges pour les mêmes raisons.
C'est le charme et toute la difficulté d'évoluer en France : un jour on trouve ce que vous faites "bien", juste après on vous traîne dans la boue comme nulle part ailleurs en Europe. Un jour on vous félicite, le lendemain on vous lynche.
Cela tient à l'Histoire très particulière de la Culture Française, de la Royauté à l'Empire puis à la République ; c'est à la fois l'une des plus vieilles Cultures d'Europe et la plus paradoxale.
La France est le pays du paradoxe (ce qui est fascinant) et du "coupage de tête" (ce qui est dans sa nature ; l'idée que pour avancer il faut brûler le passé).
Descartes a synthétisé ce mélange de pragmatisme et d'incrédulité qui confine parfois à l'obsession : l'esprit "critique", à la fois le point fort de la France, et son talon d'Achille, lorsque cela vire au systématisme.
En France, on ne croit rien ni personne, par principe.
Il y a toujours en filigrane cette volonté de faire tomber des têtes ; cette notion inconsciente que la vérité ne peut s'obtenir qu'en "purgeant" la société ; ce besoin de "purification" qui veut que dès que quelqu'un réussi quoi que ce soit, cela est forcément suspect et qu'il faille ainsi absolument y mettre fin, sous prétexte d'égalitarisme. "Réussir" est vu comme une forme de trahison, de corruption morale. D'ailleurs, dès que quelqu'un réussi quelque chose, il devient immédiatement impopulaire, attire contre lui la vindicte générale et doit se cacher. Le rapport à la réussite est un vrai tabou qui invite à l'hypocrisie. Le syndrome Anquetil/Poulidor dans l'imagerie populaire.
Dans le doute, on préfère condamner que de se laisser le temps de comprendre, on préfère toujours condamner d'avance que de se laisser l'option d'avoir l'esprit ouvert et d'analyser objectivement ; cela se retrouve juridiquement : celui qui accuse a tous les droits, et c'est celui qui se défend qui doit se justifier ; les autres Cultures Européennes regardent ça avec une totale incompréhension.
C'est le différence fondamentale (le "présumé coupable") entre la France et ses voisins Européens. Voilà pourquoi, instinctivement, les autres pays Européens n'ont aucune confiance dans la France où l'on est toujours censé être coupable de quelque chose. C'est une spécificité hexagonale et les étrangers ne comprennent pas pourquoi ils devraient passer leur temps à se justifier.
Ce constat est dur à évoquer, mais justement "être Français", c'est aussi avoir l'Honnéteté intellectuelle de l'auto-critique. Il suffit de parler avec nos voisins Européens pour voir à quel point cette méfiance de la France, pour cette raison, est tenace. De l'extérieur, personne ne comprend pourquoi ce pays passe son temps à donner des leçons de morale en mode accusatoire.
Le reste du monde ne comprend pas ce réflexe inné de dire "non" pour marquer sa différence, de dire "non" juste pour marquer qu'on est "plus malin" que tout le monde.
En application, dès que quelqu'un a du "pouvoir", il ne l'utilise jamais pour faire avancer les choses, mais au contraire Monsieur ou Madame X utilisera ce "pouvoir" pour "casser pour casser" ; il ou elle utilisera son pouvoir pour directement faire un "abus de pouvoir" et montrer ainsi qu'il/elle a du pouvoir...
L'"abus de pouvoir" est un sport national en France qui confine au problème psychanalytique : utiliser le pouvoir pour casser, pour briser... à n'importe quel échelon du pouvoir... Le moindre pouvoir permet d'avoir une "influence", donc utilisons-le pour "casser"... seul un psychiatre pourrait décoder cet atavisme...
C'est pour cela que les étrangers se méfient autant de la France ; ce qui constitue bien évidement un lourd préjudice pour la France elle-même ; en tant que Français qui aime la France je le déplore bien entendu...
Les gens du monde entier apprécient la richesse de la Culture Française, mais ils s'en tiennent éloignés parce que, justement, ils savent que n'importe qui va se faire mousser en les cassant potentiellement ; voici pourquoi les étrangers coopèrent en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne, mais évitent la France... ils ne veulent pas faire les frais de l'"abus de pouvoir" systématique qui les attend un jour au l'autre... Et la France y perd énormément...
Personne ne songerait à s'opposer à cela en France car tout le monde sait que cet arbitraire est une "Loi" en soi, un réflexe qui semble dépasser dans l'inconscient collectif la Loi du code civil...
Donc, le "coupage de tête" est une "coutume", et tout le monde laisse faire...
A chaque fois que j'entends les étrangers critiquer la France pour cela, ça me fait mal, mais je suis obligé de constater que cela décrit aussi une réalité.
Le bon côté, c'est l'Indépendance ; le mauvais côté, c'est le systématisme.
La cible principale en France, c'est le sens de l'innovation. Dès que quelqu'un tente quelque chose d'inédit pour faire avancer les choses, immédiatement un certain courant qui se veut "bien pensant" le matraque avec systématisme, juste pour le plaisir de médire et de critiquer, juste pour le plaisir de dire "non" et de rendre les situations ingérables.
La Culture Française possède des atouts considérables, mais il y a ces deux aspects qui posent problèmes : l'innovation et le sens du collectif.
Ce systématisme des attaques est le revers de la médaille de l'esprit critique, qui est aussi une Force du mental Français.
J'adore la France, qui est mon pays de naissance et ma Culture, mais il faut bien être objectif et reconnaître que c'est à la fois le pays qui a le plus gros potentiel d'Europe, et celui où il est le plus difficile d'entreprendre. "Tout est permis mais rien n'est possible" comme on dit...
En France, dès que vous sortez quoi que ce soit d'innovant, cela va sous le sens que vous allez immédiatement et systématiquement recevoir une salve de critiques, de jugements, quoi que vous fassiez.
Ca semble normal à tout le monde de se permettre d'attaquer gratuitement les gens, de traîner des inconnus dans la boue, juste pour l'auto-satisfaction de pouvoir salir pour salir, de pouvoir critiquer pour critiquer...
Cela m'a toujours effaré, mais bon, cela semble être la spécialité hexagonale, et il n'y a rien à y faire, cela fait partie du "décor"...
C'est très dommage, car, au sein d'équipes multi-nationales, les Français sont toujours mis à l'index pour cette raison spécifique ; le "Génie à la Française", reconnu unanimement par tous les Etrangers, hélas éclipsé par cette réputation (méritée) de "fouteurs de merde" incapables de s'entendre avec qui que ce soit ; le cliché (qui n'en est pas un) du Français passant son temps à s'entre-déchirer en interne (à combattre les siens plutôt que d'avancer collectivement vers des objectifs externes communs) et qui au final de toutes façons "va y aller seul, sans tenir compte de l'avis de ses partenaires"... juste par narcissisme...

Pour avoir toujours opéré sous bannière Française à l'étranger, souvent je me suis fait mettre à l'index juste parce que j'étais Français ; et le pire, c'est qu'au retour en France, ce sont les Français qui vous matraquent...
Les militaires Français qui ont oeuvré pendant le siège de Sarajevo le savent bien...
C'est vraiment très dommage, et c'est pour cela que j'évite de rentrer dans aucune polémique, il y en a déjà assez comme ça.
C'est aussi le pays le plus difficile d'Europe car les références Culturelles du passé sont si hautes et écrasantes que l'on ne vous pardonne jamais rien ; on vous compare toujours aux illustres prédécesseurs du passé ; dès lors que vous jouez la carte de l'innovation ; à la moindre occasion il se trouvera toujours quelqu'un pour vouloir gratuitement vous couper la tête.
D'où l'expression "Nul n'est prophète en son pays"...

La plus grosse Force de la France, c'est sa Laïcité ; cette Laïcité qui permet à tous les citoyens d'aller à l'école de la République et d'apprendre à lire et à écrire, sans la pression d'un dogme quelconque pour vous forcer la main...
Cela crée des êtres Libres penseurs... Ensuite, vous ne pouvez comptez que sur vous-même et ne pouvez vous imposer qu'après un parcours du combattant "seul contre tous", "à la hussarde"...
Cela développe hélas l'individualisme, mais renforce positivement l'indépendance en toutes situations. "Devoir y aller à la hussarde" forge le caractère et donc vous êtes parés pour la suite, n'importe où...
Mais comme c'est dommage de perdre autant de l'incroyable potentiel collectif de la France juste pour des histoires d'égos ; surtout dans une époque très délicate où il faut fédérer les énergies pour se projeter vers l'avant sans marge de manoeuvre.
En France, ce n'est que quand les gens sont morts que soudainement on les apprécie.

Au delà de tout ça, la France reste quoi qu'il arrive mon pays, je l'ai au Coeur, je la défends avec une Loyauté sans faille contre vent et marées à l'Etranger.

C'est ça qui est un comble en fait : partout où je suis passé, j'ai défendu les valeurs et les couleurs de la France... et il n'y a qu'en France qu'on doute de moi... Que faire ? rien...

Moi, je continue à vouloir rester positif et à n'entrer dans aucune polémique...
J'ai juste envie de dire à la France : "soyez un minimum honnêtes, respectez ceux qui défendent la France et la font avancer !!!, par des actions internationales à titre privé, via les Ambassades, via l'Alliance française"...
Mais il n'y a rien à faire, à l'intérieur de l'Hexagone, c'est juste de la suspicion et des polémiques sans fin ; donc il faut se faire une raison.

Moi, j'ai pris le parti du positivisme, et je laisse cette agressivité à ceux qui pensent que ça les grandis. Je ne veux rentrer dans aucune polémique et ne me focalise que sur "avancer", aller "relever le gant"... A LA HUSSARDE justement !
J'essaie de faire des choses positives à l'étranger, et tant pis si les gens en France ne croient pas en moi... C'est la Vie !

Par exemple, récemment, je suis allé au Laos tourner le pilote de ma série sur les Cultures d'Asie et ai placé les images sur des sites de video-sharing (youtube, dailymotion)...
J'ai reçu des tas de messages venant des quatre coins du monde pour encourager le projet, en souligner l'originalité, souhaiter juste "bonne chance" pour la suite... de France (comme je m'y attendais) je n'ai reçu que des messages de critiques, du pessimisme, des questions sur tel ou tel détail...
Quand un Français entreprend un projet difficile au niveau international, on pourrait s'attendre à ce qu'il soit un minimum soutenu à l'intérieur même de France... et bien non, c'est tout le contraire, on cherche à lui mettre des bâtons dans les roues, le décourager...

A croire vraiment que "certains" Français prennent du plaisir à voir d'autres Français en difficulté... Que ces gens se posent un jour des questions par rapport à leur mauvais esprit, que ces gens aient un minimum d'honnêteté intellectuelle et fassent un peu leur auto-critique plutôt que de s'en prendre gratuitement à ceux qui osent...
C'est comme ça, il faut intégrer ça dans l'équation...
En France, une fois que le projet se sera imposé, d'un seul coup, ceux qui le critiquaient hier vont (une fois le combat fini) trouver cela génial et viendront même dire qu'ils l'ont toujours soutenu depuis le début... no comment !

En Italie, sur la Terre de mes Cousins (qui, eux, me soutiennent sans limite), on ne s'occupe que de l'Impact Sensitif du Panache et du Lyrisme porté sur l'existence ; on accepte très bien l'Extravaganzia et la surenchère ; c'est même vu comme une qualité car c'est un signe de Talent.
Ce qui compte avant tout là-bas, c'est le Talent.
La culture Italienne (et ses fameux Tiffosi, la Ferveur... la Ferveur) respecte le Talent comme une grâce Divine, un Don du Ciel précieux, insolite et rare...
Il y a un Respect sincère pour le Talent, pas de la suspicion ni de la critique systématique.
Les Italiens vénèrent autant le "Talent" que les Français s'en méfient comme de la peste... Pourquoi ? les Italiens adorent tout ce qui les relie au Divin et à l'Emotion, à la fureur de Vivre ; les Italiens aiment et respectent ce qui les fait vibrer... alors qu'en France, dès que cela ne rentre pas dans le moule, il y a comme un danger potentiel puisque cela devient incontrôlable.
Il y a autant de "ferveur" dans la Culture Italienne qu'il y a de la "froideur" dans les relations humaines en France ; l'Italie base énormément ses relations sur "l'affectif", alors qu'en France on les base essentiellement sur le "cérébral"...

Il n'y a pas l'une des deux cultures qui prend le dessus sur l'autre ; c'est juste totalement à l'inverse d'un point de vue Emotionnel et sensitif.

L'Art de Vivre, la "forme", a énormément d'importance en Italie, alors qu'en France c'est uniquement le "fond" qui compte... et si la forme se veut belle à l'égale on dira qu'il n'y a que de la "forme" au détriment du "fond"...

Voilà pourquoi ce pays (la "Ritalie") est hallucinant de Beauté lorsqu'on le visite : Venise, Isola Bella, Rome, Florence, ça ne peut se trouver sur Terre qu'en Italie et nulle part ailleurs.
La culture Italienne accepte le Carnaval de l'Avventura comme une "Profession" (de Foi) en soi. Le côté "folklorique" y est bien vu, alors qu'en France si c'est "folklo" ça sous-entend que ce n'est pas "sérieux". C'est pour cela que la Comedia dell'Arte est présente à tous les étages en Italie.

Structurellement, c'est l'inverse de la France ultra-centralisée : le pouvoir est réparti entre plusieurs pôles d'influences : Etat de Rome, Etats des Provinces, Eglise, sans oublier en subliminal le pouvoir des différentes "Familles" de la Mafia. Les différents pouvoirs "occultes" sont omniprésents ; pour le meilleur et pour le pire. C'est quelque chose de très difficile à appréhender de l'extérieur.
L'Italie unifiée ne date que de 1861 et la République moderne que de 1946...
L'Italie aime ses Champions ; le sens de la Famille en est la racine carrée.
Il ne faut surtout pas chercher à "comparer" l'Italie avec ses voisins, ni d'un point de vue psychique, ni d'un point de vue socio-structurel. C'est une Culture beaucoup plus profonde et secrète que ce que les clichés étrangers véhiculent volontiers. La psyché Italienne est très complexe et riche de nuances...
Cela est d'un certain côté complètement ingérable et strictement incompréhensible de l'extérieur... mais cela présente l'avantage qu'il est toujours possible d'y faire des choses ; un pouvoir en équilibrera toujours un autre.
Comme partout, il y a la sociologie du réel, et la sociologie de l'inconscient populaire ; et que dresse comme carte l'inconscient populaire lié aux caractéristiques de l'Italie ? La "Famiglia" ne vous laissera jamais tomber et vous soutiendra, quitte à lancer une Vendetta pour vous défendre, et malheur à celui qui essaierait de vous faire du tort (salir le nom de Famille) car il se mettrait automatiquement toute la "Famiglia" à dos... et en Italie, on ne rigole pas avec ça ; toucher à un membre de la "Famiglia" (insulter un nom) c'est se faire ennemi de TOUTE la Famiglia, c'est avoir toute la Fratrie qui vous poursuivra sans relâche jusqu'à avoir votre tête pour laver l'Honneur du nom de la Famiglia...

De France, on mésestime complètement cet aspect (les gens qui "salissent" pensent avoir une impunité de par leur statut supposé) mais en Italie c'est central : si l'on me touche, on touche à toute la Famille, et c'est donc obligatoire de lancer une vendetta ; et le temps n'y fait rien, il n'y a pas de prescription possible et ceux qui "salissent" devront payer à un moment ou à un autre, sans aucun échappatoire possible ; il y a des millions d'Italiens et descendants d'Italiens installés partout à travers le monde, il y en aura forcément un qui finira par laver l'Honneur du nom par la Vendetta...
Il faut être bien naïf pour ne pas comprendre ça.

Les inconscients collectifs et individuels liés aux valeurs du sens de l'Honneur, au sens du nom d'une famille, ces fondamentaux, ne peuvent être substitués par aucune autre valeur d'aucune sorte.
C'est ça la force suprême de l'Italie : le lien du sang.
Au delà de tout ça, l'Italie est paradoxalement méconnue de l'extérieur, et je ne saurais que conseiller de se donner la peine de la découvrir, en profondeur, hors des clichés, et de se laisser emporter par sa Beauté, sa Magie, de la mystérieuse "colline" de Turin aux canaux de Venise, de la Toscane à Rome l'éternelle, de la Riviera à la ferveur volcanique de Naples, des montagnes Alpines du nord jusqu'au talon de la botte au sud, sans oublier la Sicile bien entendu...

L'Italie et la France, les cousines si proches et si lointaines...
Je trouve que les deux Cultures forment une complémentarité exceptionnelle quand l'impulsivité débridée "à l'Italienne" rencontre le sérieux structurel "à la Française"... C'est un peu le feu et la glace...

Nous sommes dans l'Europe du vingt-et-unième siècle, et je suis bien entendu partisan de l'Union Sacrée pour aller plus loin... Ensemble, plutôt que chacun de son côté ; collectivement plutôt que dans l'individualisme...

En Angleterre, que je fréquente depuis l'adolescence et qui m'est ainsi naturellement familière, on ne s'occupe que du niveau de "Performances au final" et on ne se permet pas de juger, de critiquer et d'attaquer gratuitement les êtres à tout bout de champs comme en France, ou de les pressuriser par la ferveur passionnelle comme en Italie...
Il y a ce côté de la tenue morale "British" que j'adore ; ce que les continentaux ressentent (à tort) comme de la froideur.
Il y a aussi un aspect pragmatique et efficace très appréciable dans cette Culture ; une volonté et une facilité administrative pour "entreprendre" ; et ce que je préfère : les British ne sont pas cyclotimiques : ils ne sont pas versatiles et ne changent pas d'avis toutes les cinq minutes ; c'est ce que j'appellerais la "fiabilité insulaire" qui est très précieuse en équipe.
Ils ont l'ouverture d'Esprit d'accepter avec flegme et fair play comme une "Curiosité Continentale" ce qui ne vient pas de l'île.
En revanche, n'étant pas Britannique, vous resterez quoi qu'il arrive toujours "à l'éxtérieur", toujours un "Foreigner" un peu suspect, et donc vous devrez réussir deux fois plus qu'un local pour être toléré... et dix fois plus pour juste commencer à être un tout petit peu respecté.

France/Italie/Angleterre, c'est le mix culturel que je préfère pour monter des équipes équilibrées.

Vers l'Asie, dans l'Orient du grand IndianAsiA, c'est beaucoup plus subtil et transcendental, on ne se guide qu'au ressenti via le Charisme et le Karma...

Les mots sont très secondaires, il n'y a pas besoin de partir dans de longues explications, tout se décide "au feeling"...

La grille Occidentale psychanalytique conscient/inconscient/subconscient (qui date quand même maintenant de plus d'un siècle) n'a pas cours dans les différentes Cultures Orientalistes, pas plus que les valeurs Judéo-Chrétiennes ; et pour cause, puisque (pour schématiser à grands traits) lorsqu'il s'agit de trouver une extension au réel-matériel, c'est directement la porte du supra-conscient qu'il faut franchir...
Cela initie une Dynamique Mystique de l'être complètement incompréhensible pour la psychanalyse occidentale...

Entre l'Europe et l'Asie, la question METAPHYSIQUE ne s'aborde pas de la même façon ; la réaction est même symétriquement différente pour les raisons décrites juste avant.

En Occident, tout ce qui tient de la mystique (pas de la "religion", mais de la "mystique" ou de la "Métaphysique"... nuance !) a été refoulée de siècles en siècles jusqu'à un refus total de toute forme d'invisibilité de la Spiritualité, c'est à dire l'évolution par le "tout pragmatisme" ; l'Occident s'est donc coupé des racines ancestrales de ses croyances et paradoxalement s'en remet aujourd'hui de façon pieuse et mystique à ce pragmatisme, à ce pouvoir de la matière...

En Asie, au contraire, l'évolution de siècles en siècles sur ce sujet est restée parfaitement linéaire, sans couper une seule séquence ; le résultat est la cohabitation entre d'un côté une dynamique mystique très profondément ancrée de générations en générations, et, de l'autre côté, un pragmatisme cohérent sur la prospérité liée à la matière et à la condition humaine.

La résultante est que là où l'Occident a eu besoin d'une médiation (la psychanalyse), l'Orientalisme Indo-Bouddhiste n'a eu besoin lui que de laisser aller son évolution traditionaliste en l'adaptant à la modernité, son rapport au subconscient s'en trouvant harmonieux.

Cela a pour conséquence que les Asiatiques arrivent facilement à traverser la psyché occidentale, qu'ils jugent (à juste raison d'après moi) "infantile" ; alors que les Occidentaux sont complètement perdus pour comprendre comment fonctionnent les sociologies Asiatiques...

Au niveau du rapport à l'individu, l'approche est elle aussi inverse.

En Europe, on passe au crible les "performances professionnelles" d'un être, puis on étalonne selon le "statut social" qui en découle, pour en dernier lieu en arriver à se demander quel individu humainement on a en face de soi.
En clair : vous êtes jugés par rapport à votre statut social et votre fric, pour parler trivialement.

En Asie, a contrario, on essaie de ressentir le plus humainement possible l'onde de son Karma, sans se faire parasiter par les apparences sociales, et ensuite on en arrive à ce qu'il peut en faire dans la Vie.
En clair : vous êtes jugés par rapport à la clarté (ou l'obscurité) de votre Karma et les apparences ne viennent pas parasiter ce jugement.

Voilà un peu une carte multi-culturelle schématique et réductrice de ce que j'ai pu ressentir en maintenant presque vingt ans de voyages.

A titre personnel, dans l'absolu, d'après l'écho qui me revient... ce que les gens qui m'ont calculé attendent de moi, si tant est qu'on attende quoi que ce soit... c'est de pouvoir Piloter une Trajectoire, et de la Projeter vers l'AVANT...
Pouvoir trouver des Fenêtres d'IMPACT (des angles de tirs) INEDITS pour faire la "DIFFERENCE" ; à une époque où tout est très concurrentiel, où les marges de manoeuvre sont réduites à l'extrême ; une époque dé-régulée, incontrôlable et imprévisible où il faut accepter de devoir piloter sans visibilité au milieu du trou d'air...

Vu ce contexte... Un guignolo de mon espèce en vaut bien un autre...

J'ai deux types d'interventions.

Une, liée à mon cheminement intérieur ; l'autre, en intervention sur des enjeux extérieurs à ma trajectoire mais dont je défends la cause...

Il y a ce que je crée pour mon parcours personnel "interne" + lorsque j'interviens sur des chantiers "extérieurs"...

Dans le premier cas (interne), j'avance au feeling pur, juste guidé par mon Intuition, par la Passion et l'appel de l'inconnu et de l'inédit...

Dans le second cas (externe), j'apporte mon expérience et ma malice parce que je ressens que je peux contribuer à faire avancer des process...

Comme mon parcours est difficile à décrypter de l'extérieur, les gens qui s'autorisent des jugements peuvent trouver cela déstabilisant à première vue.

S'il fallait utiliser le langage du Sport pour décrire cela : je ne suis pas celui à qui ils pensent en priorité pour aller atteindre la logique des objectifs... ce n'est qu'une fois qu'ils m'ont capté - si ils ont eu l'ouverture d'esprit et la malice d'ouvrir la boite de Pandore - qu'ils misent sur moi, un peu en "Joker".

S'il fallait utiliser le langage du capital/risque (ou celui du Pari Mutuel Urbain) pour décrire cela : "vu du bout des jumelles, revient du diable vauvert, pour finir comme une balle"...

Si la question est "comment y parvenir" ?
Je n'ai qu'une seule constante : de la détermination pour s'arracher et aller chercher un résultat qui soit positif... s'arracher et faire pencher la balance, au "finish".

Dans les deux cas d'Actions, je mets tout mon COEUR et fais tout mon possible pour aller le plus LOIN possible...

"Jusqu'au bout des choses", comme l'on dit en Français...

Avec toujours ce même état d'âme en Spirit : SE PROJETER vers l'AVANT...

Et advienne que pourra...




Comment avez-vous commencez à écrire? Qui vous lisait au début?

Vers dix ans j'aimais tellement les albums Tintin que j'ai tenté d'imiter Hergé à ceci près que mes images à bulles étaient accompagnées d'un commentaire mais c'est en fin d'humanités, vers les seize, dix-sept ans qu'emporté par la passion littéraire de mon prof de français j'ai eu l'irrépressible besoin de me laisser emporter à sa suite et de moi-même écrire, ce qui était pour moi la meilleure façon de prouver mon propre amour des lettres.
Qui me lisait? Personne dans mon entourage.Accueil très froid, incompréhension, rejet. J'essayais d'accrocher l'un ou l'autre camarade de classe que je pressentais plus ouvert. Le premier à me lire vraiment et à m'apprécier fut mon psychiatre (c'est toute une histoire trop longue à raconter ici) qui se chargea lui-même de faire publier mes poèmes (j'avais dix-huit ans), magnifiquement illustrés, dans la revue "Le Carabin" des étudiants en médecine de l'université de Liège, où il enseignait.




Quels écrivains admirez-vous le plus?

Celui qui me passionnera demain.
C'est bien de lire des artistes toute catégorie. Voir un peintre à l'oeuvre me permet de mieux écrire (car on comprend ici le comment exprimer, le comment mobiliser une parole quelque soit son expression). Trouver la folie du musicien permet de saisir les rythmes, etc.
Je ne me lasse pas de lire et contempler par exemple Anton Tchekhov (choc du bel objet), R. W. Fassbinder, "Samu" Beckett, Botho Strauss, Carmelo Bene et plus près de nous et moins diffusés (y a-t-il un Ministère de la Culture en France, y a-t-il un Ministère de l'enseignement des valeurs qui collabore avec le premier ?).. Olivier Cadiot, Jacques Rebotier, Noëlle Renaude... pour ce qui est du domaine théâtral.
Poètes, Zeno Bianu, Guillevic, Federico Garcia Lorca, Henri Michaux, vous êtes formidables, presque des hantises.




Écrit-on comme thérapie? Les conflits internes sont-ils une force créatrice?

j'ai développé l'art-thérapie en France et ai accompagné de nombreux patients en leur demandant d'écrire ou de me dicter des histoires que je leur relisais à haute voix
j'enseigne dans mon institut des ateliers d'écriture impliquée : la fiction pour se dire ou : comment dans la fiction littéraire ou théâtrale, on peut travailler sur soi-même à travers le travail sur le matériau écriture




Le feed-back des lecteurs vous sert-il?

Bien sûr, les réactions des lecteurs sont primordiales, quelles qu'elles soient, le pire pour un auteur, c'est l'absence de retour. Il ne faut pas écrire pour plaire ou déplaire, mais les commentaires, les moments où le public réagit, permettent à l'écrivain de se situer, de faire le point sur ce qu'il est vraiment. Dans le cas d'une pièce de théâtre qui est un spectacle direct, et vivant, les spectateurs peuvent avoir la même importance que les comédiens, le texte et la mise en scène. Ils se nourrissent du jeu qu'ils regardent et en réagissant ils nourrissent à leur tour ce jeu.



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